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Trains annulés, retards, service dégradé... L'UFC Que Choisir dénonce la qualité des TER français

L'association de défense des consommateurs appelle les candidats aux élections régionales à s’engager à mettre en oeuvre dix demandes concrètes pour une "nouvelle donne" du TER dans leur région.

A l'occasion des prochaines élections régionales (20 et 27 juin), l'UFC Que Choisir épaulée par la FNAUT (Fédération Nationale des Associations d'Usagers des Transports) et la FUB (Fédération française des Usagers de la Bicyclette) veulent interpeller les candidats sur la qualité de service des TER, les trains express régionaux qui sont gérés depuis 2002 par les Conseils régionaux. Et autant dire que le constat de leur étude n'est pas brillant.

L'enquête de l'association conclue à une "tendance préoccupante". "Après avoir connu une décennie dorée (2002-2012), où renouvellement du matériel roulant et augmentation des fréquences ont fait bondir la fréquentation (+55%), celle-ci stagne depuis lors. Si les causes sont nécessairement multiples (évolution du prix du carburant, grèves, développement du co-voiturage et des cars Macron), les lacunes en termes de qualité de service apparaissent comme une explication majeure de ce plafond de verre", peut-on lire.

Un taux de retard de 10%

Il apparaît en effet que "la fiabilité du service est à la traîne". Ainsi, en 2019, près d’un TER sur dix n’a pas pris le départ (9,7%). Et pour ceux qui ont roulé, le taux de retard atteint 10%".

"Au total, le taux de fiabilité réelle des TER français n’a été en 2019 que de 81,3%, ce qui signifie qu’un abonné effectuant un aller/retour par jour subira en moyenne deux retards ou annulations par semaine !", dénoncent les associations. On notera également une forte disparité régionale dans ces retards comme le montre la carte ci-dessous.

Part des TER en retard d'au moins 5 minutes en 2019
Part des TER en retard d'au moins 5 minutes en 2019 © UFC Que Choisir
"La France est d’ailleurs en wagon de queue dans le paysage européen. Les TER autrichiens, néerlandais ou allemands sont deux fois moins souvent en retard qu’en France. En outre, l’intermodalité, particulièrement entre le vélo et le train, est toujours aussi difficile, du fait par exemple de difficultés de stationnement en gare ou de la faible capacité d’emport de vélo dans les trains", poursuit l'UFC.
Taux de retard des trains régionaux en Europe
Taux de retard des trains régionaux en Europe © UFC Que Choisir

"Les usagers n’ont que leurs yeux pour pleurer"

Pour ces associations, cette situation n'a "rien d'étonnant" car "la SNCF n’est soumise qu’à peu de contraintes de la part des Conseils régionaux. Ainsi, alors qu’il est indispensable que les retards et les annulations 'coûtent' à l’entreprise, les pénalités et malus en cas de perturbations sont inférieures à 1% de la subvention reçue chaque année par la SNCF au niveau national".

Pire, "les usagers n’ont le plus souvent que leurs yeux pour pleurer devant les problèmes de fiabilité, rares étant les régions à avoir mis en place un dispositif satisfaisant de dédommagement des abonnés au TER en cas de service dégradé".

Face à cette situation, les associations formulent plusieurs propositions à destinations des candidtats aux élections régionales pour "une nouvelle donne" qui associe notamment mieux les TER au vélo afin "d'augmenter de 50% la fréquentation d’ici à 2030" et de réduire "le poids écrasant de la voiture".

"Un objectif parfaitement réaliste", avance l'UFC Que Choisir "qui permettrait l'économie d'un million de tonnes de CO2 par an".

Améliorer l'intermodalité

Il s'agit d'améliorer "enfin la fiabilité des TER" en améliorant de deux points le taux de ponctualité réelle des TER ; de "faciliter, à tous niveaux, l’intermodalité entre le vélo et les trains régionaux, pour permettre des trajets écologiques de bout en bout" en équipant notamment toutes les gares de parkings à vélos.

"Quand l'offre s'améliore, les usagers sont au rendez-vous", souligne Alain Bazot, le président de l'UFC Que Choisir.

Autres demandes: "rendre plus justes les abonnements, pour tenir compte de la qualité de service et des événements imprévus" avec par exemple la possibilité de suspendre les contrats d’abonnements, sans pour autant les résilier et une vraie politique d'indemnisation lorsqu'une situation de retards répétés est déterminée.

Les associations souhaitent enfin "améliorer l’articulation pratique entre trains régionaux et trains grandes lignes, pour favoriser le report d’un mode sur l’autre" ; et "mieux associer les représentants d’usagers aux décisions structurantes en matière de transport, pour assurer une bonne prise en compte de leurs attentes".

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business