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Test d’orthographe, anglais: comment Uber a aidé 2000 chauffeurs à devenir VTC

Cette semaine, Uber a offert la préparation à l'examen de VTC. 2000 chauffeurs Loti se sont rendus dans les locaux de la plateforme à Aubervilliers pour bénéficier de l'offre.

Cette semaine, Uber a offert la préparation à l'examen de VTC. 2000 chauffeurs Loti se sont rendus dans les locaux de la plateforme à Aubervilliers pour bénéficier de l'offre. - GK Uber

Cette semaine, Uber a ouvert un guichet pour préparer gratuitement les chauffeurs Loti à passer l'examen de VTC qui sera obligatoire dès janvier prochain pour exercer la profession.

Alors qu’aux États-Unis un groupe de salariés a lancé une pétition pour la réintégration de leur PDG déchu, en France, l’après-Kalanick semble avoir déjà commencé avec une initiative qui semble destinée à adoucir les relations entre les chauffeurs et la plateforme numérique. Cette semaine, la filiale française d’Uber a décidé d’offrir aux chauffeurs Loti une formation en ligne pour se préparer à l’examen de VTC. 2000 personnes ont patienté parfois plusieurs heures pour bénéficier de ce cadeau. 

La loi Grandguillaume, qui entrera en vigueur dès janvier prochain, impose en effet que les chauffeurs passent un examen pour obtenir un certificat d’aptitude de VTC. L’examen se compose d’épreuves pratiques et théoriques portant sur la sécurité routière, la réglementation du transport et la gestion. Mais les candidats devront également passer des épreuves d’anglais et de français et les correcteurs ont pour consigne d’être intransigeants sur les fautes d’orthographe. En français, une note de 6 sur 20 est éliminatoire.

Barrières à l’entrée

Pour Uber, ces épreuves risquent de fermer les portes de la profession à une population déjà durement touchée par le chômage. C'est la raison pour laquelle cette initiative a été lancée. L’Insee révélait il y a quelques mois qu’entre janvier 2015 et mars 2016, sur les 10.000 sociétés de VTC créées en France, 2.600 l’ont été en Seine-Saint-Denis. Dans ce département, le secteur emploierait 3% de la population active. "Cela revient à remettre des barrières invisibles à l’embauche alors que nous avions réussi à les faire sauter", a indiqué un porte-parole d’Uber au Parisien en rappelant que 40% des chauffeurs qui travaillent avec l’appli étaient au chômage et victimes de discrimination à l'embauche avant de rejoindre son réseau.

Un discours qui a aussi été défendu par Emmanuel Macron lorsqu’il était ministre de l’Économie, lui qui estimait qu’Uber permettait aux jeunes de banlieue de mettre "un pied à l’étrier". À l’époque, cet argument a été vivement critiqué par Sayah Baaroun, secrétaire général du syndicat Unsa SCP-VTC qui s’inquiétait que les plateformes, Uber en tête, en profitent pour prélever des commissions abusives. Chez Uber, le taux est récemment passé de 20 à 25%, ce qui a provoqué la colère des chauffeurs.

Pascal Samama