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Sociétés d'autoroutes: Macron fera des propositions prochainement

Emmanuel Macron a jugé que la privatisation des autoroutes avait été "une mauvaise affaire pour l'Etat".

Emmanuel Macron a jugé que la privatisation des autoroutes avait été "une mauvaise affaire pour l'Etat". - Miguel Medina - AFP

Le ministre de l'Economie a indiqué mardi qu'il ferait des propositions "dans les prochaines semaines" à Manuel Valls à propos des concessionnaires autoroutiers. Ces derniers sont dans le viseur de l'Autorité de la concurrence qui pointe une rentabilité "disproportionnée".

Après la charge de l’Autorité de la concurrence contre les concessionnaires autoroutiers, le gouvernement se devait de réagir. Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a ainsi annoncé mardi 7 octobre, devant les députés français, qu'il remettrait, avec la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal, des propositions au Premier ministre "dans les prochaines semaines". 

Selon l'Autorité, la rentabilité nette de ces sociétés après impôts, en 2013, a atteint entre 20 et 24%, une "rentabilité exceptionnelle (...), largement déconnectée de leurs coûts et disproportionnée par rapport au risque de leur activité, (et) assimilable à une rente". 

Une "modulation de la formule tarifaire" à l'étude

"L'Autorité de la concurrence propose plusieurs pistes que Ségolène Royal et moi-même avons décidé de mettre à l'étude", a déclaré Emmanuel Macron.

Il a ainsi cité "la modification de la formule tarifaire, la mise en place d'une autorité indépendante pour évaluer le bien fondé des travaux et des hausses tarifaires et des obligations de publicité et de concurrence dans les travaux menés par ces sociétés", ainsi qu'un "rééquilibrage du modèle économique en faveur du concédant et des usagers".

La privatisation, "une mauvaise affaire" pour l'Etat

Evoquant le plan de relance autoroutier, qui accorderait un allongement de la durée des concessions jusqu'à six ans, en contrepartie d'un engagement global de 3,6 milliards d'euros de travaux, le ministre a estimé que c'était "une bonne décision, (...) favorable à l'économie française". 

Le président de l'Autorité de la concurrence avait considéré qu'il s'agissait d'"une occasion unique qui ne va pas se reproduire avant très longtemps", et avait enjoint l'Etat de "(renégocier) les formules d'indexation des péages, (d'insérer) des clauses de réinvestissement ou de partage de bénéfices au-delà d'un seuil qui serait convenu".

"La privatisation des autoroutes engagée en 2005 a été une mauvaise affaire pour l'Etat", a encore indiqué le ministre, évoquant un coût de "plusieurs milliards d'euros".

Y.D. avec AFP