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Scandale du diesel: Renault dément avoir fraudé comme Volkswagen

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- - Philippe Huguen - AFP

Des tests réalisés par une organisation non-gouvernementale allemande ont révélé que le niveau d'émission de gaz polluant du Renault Espace 1,6 DCI était supérieur à ce qu'avaient établi les tests officiels. Le constructeur français dément catégoriquement cette information.

Il se pourrait que Volkswagen ne soit pas le seul constructeur à avoir truqué le niveau de pollution réel de ses moteurs diesel. L'association allemande de protection de l'environnement DUH a déclaré mardi que les émissions d'oxydes d'azote (NOx) de la Renault Espace 1.6 dCi avaient atteint un niveau jusqu'à 25 fois supérieur au plafond autorisé par la norme actuelle Euro-6 lors de tests réalisés par l'Université de Berne.

Selon la DUH, des niveaux d'émissions excessifs ont été mesurés sur la Renault Espace diesel lors de cinq tests distincts de type NEDC (New European Driving Cycle). L'annonce de la DUH (Deutsche Umwelthilfe) intervient deux mois après qu'a éclaté le scandale Volkswagen, le premier constructeur européen, accusé d'avoir triché aux tests d'émissions polluantes sur plusieurs de ses modèles diesel.

Une refonte complète du système?

Contacté par BFM Business, Renault a démenti catégoriquement cette information. Le constructeur argue que le véhicule a passé avec succès les tests de l'ADAC (l'association des automobiles club allemands), décrochant même 3 étoiles. Le groupe s'étonne que ce genre d'information sorte à quelque jours du début de la COP21. 

La DUH réclame une réforme des procédures européennes d'homologation des véhicules automobiles, qui relève pour l'instant des autorités nationales, soupçonnées par certains d'être trop proches des constructeurs.

"Il est impensable que des véhicules diesel prétendument modernes qui polluent de cette manière l'air que nous respirons circulent aujourd'hui sur les routes", a déclaré Axel Friedrich, cofondateur de l'International Council on Clean Transportation (ICCT), une organisation non-gouvernementale, cité dans le communiqué de la DUH. "Il est clair que le cadre actuel de la procédure d'homologation ne nous permettra pas d'avancer et que nous avons besoin d'une refonte complète du système, qui intègre des contrôles réguliers obligatoires sur route."

L'ICCT demande que les tests d'émissions polluantes soient réalisés dans des conditions réelles de conduite et pas uniquement en laboratoire sur des véhicules préparés spécifiquement par les constructeurs. Volkswagen, le premier constructeur européen, a reconnu en septembre avoir triché aux tests d'émissions polluantes aux Etats-Unis, déclenchant un scandale qui concerne 11 millions de véhicules du groupe allemand dans le monde.

N.G. avec Reuters