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Safran donne des nouvelles de Comac, le constructeur chinois qui veut concurrencer Boeing et Airbus

Les premières livraisons de l'avion chinois C919 sont attendues en 2021.

Les premières livraisons de l'avion chinois C919 sont attendues en 2021. - STR / AFP

Invité sur le plateau d'Inside, Philippe Petitcolin, directeur général du constructeur français, qui construit avec General Electric les moteurs de Comac, s'est montré confiant pour l'avenir, alors que les menaces de Donald Trump pèsent sur le groupe chinois.

Dans la guerre qui oppose, depuis des décennies, Airbus et Boeing, un acteur chinois entend bien se faire une place. Pékin s’est en effet lancé, il y a une vingtaine d’année, dans la course au transport aérien avec pour finalité la création, en 2008, de Comac (Commercial Aircraft Corporation of China). L’ambition du constructeur chinois est claire: en finir avec le duo euro-américain et devenir l’acteur majeur d’un secteur très lucratif.

Si Comac commercialise déjà, pour le marché chinois, un biréacteur de 90 places (l'ARJ21), sa véritable offensive s’appelle le C919, concurrent direct de l'A320 et du 737. Et le moteur sera en partie français puisqu'il s'agit du LEAP-1C, fabriqué par une coentreprise de Safran et General Electric, qui fournit déjà Airbus et Boeing avec un réacteur du même type.

Mise en service en 2022

Pour autant, l'avion chinois est encore à l'état de test. "L'avion continue à faire ses essais en vol de certification" détaille sur le plateau d'Inside, Philippe Petitcolin, directeur général de Safran. "Il y a six exemplaires de l'avion, qui aujourd'hui volent. Un peu plus de 20% de l'ensemble du plan de test a déjà été réalisé et Comac espère mettre cet avion en service en 2022."

Reste un obstacle de taille : Donald Trump. Toujours en conflit larvé avec la Chine, le président américain envisagerait de suspendre les livraisons des réacteurs en question à la Chine, selon le Wall Street Journal. "J'ai lu le dernier tweet de monsieur Trump qui disait qu'au contraire, il serait ravi de pouvoir continuer à fournir l'industrie aéronautique chinoise avec des produits américains et donc les Chinois étaient les bienvenus pour acheter nos moteurs" tempère Philippe Petitcolin.

Thomas Leroy