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Renault licencierait les 3 cadres soupçonnés d'espionnage

Renault a envoyé des lettres de licenciement aux trois cadres qu'il soupçonne d'espionnage industriel, et l'un d'eux l'a reçue samedi matin à son domicile, selon son avocat. /Photo prise le 11 janvier 2011/REUTERS/Jacky Naegelen

Renault a envoyé des lettres de licenciement aux trois cadres qu'il soupçonne d'espionnage industriel, et l'un d'eux l'a reçue samedi matin à son domicile, selon son avocat. /Photo prise le 11 janvier 2011/REUTERS/Jacky Naegelen - -

PARIS (Reuters) - Renault a envoyé des lettres de licenciement aux trois cadres qu'il soupçonne d'espionnage industriel, et l'un d'eux l'a reçue...

PARIS (Reuters) - Renault a envoyé des lettres de licenciement aux trois cadres qu'il soupçonne d'espionnage industriel, et l'un d'eux l'a reçue samedi matin à son domicile, a déclaré son avocat à Reuters.

Le constructeur automobile, qui a porté plainte contre X dans cette affaire d'espionnage présumé, avait reçu mardi les trois salariés mis en cause pour un entretien préalable à licenciement pour faute lourde. La loi imposait ensuite à l'entreprise un délai de réflexion d'au moins 48 heures avant l'officialisation du licenciement.

"La lettre est arrivée. Le licenciement prend effet à réception du courrier", a déclaré au téléphone Xavier Thouvenin, avocat de Michel Balthazard, ancien directeur de l'amont et des projets et membre du comité de direction du groupe.

L'avocat a ajouté que Renault reprenait dans son courrier l'accusation de transfert d'informations stratégiques en échange de pots-de-vin, des faits que son client nie toujours "catégoriquement".

Il a précisé que, dans la lettre de licenciement, le constructeur dit avoir acquis la "conviction" que des informations ont été données. "Ils n'ont pas la certitude, c'est très différent", a souligné Xavier Thouvenin, avant d'ajouter qu'il allait saisir prochainement le conseil des Prud'hommes.

Thibault de Montbrial, avocat d'un autre cadre mis en cause, Matthieu Tenenbaum, directeur adjoint du programme véhicules électriques, a déclaré pour sa part que son client n'avait pas reçu sa lettre.

L'avocat du troisième, Bertrand Rochette, bras droit de Michel Balthazard, n'a pu être joint dans l'immédiat.

Une porte-parole de Renault s'est refusé à tout commentaire.

Le parquet a annoncé vendredi l'ouverture d'une enquête préliminaire de police sur l'espionnage industriel dont Renault se dit victime de la part d'une puissance étrangère. La procédure a été confiée à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), spécialisée dans ces questions.

Gilles Guillaume, édité par Yves Clarisse