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Renault: après les efforts, les syndicats veulent du réconfort

Le bilan de l'accord de compétitivité instauré en 2013 a dépassé les espérances de Renault. À la veille d'entamer des négociations sur un nouveau plan, les syndicats réclament des récompenses concrètes.

Des négociations pour mettre en place un nouvel accord de compétitivité débutent jeudi chez Renault. Direction et syndicats se retrouvent à Boulogne pour établir un nouveau plan pluriannuel, pour prendre la relève de l'accord actuel qui arrive à échéance le 31 décembre. Une discussion qui s'ouvre dans un contexte très favorable pour l'équipe dirigeante.

Vu le bilan de l'accord actuel, la direction de Renault arrive en force. Il y a trois ans, elle s'était engagée à ne fermer aucune usine. Engagement respecté. Elle avait promis de porter à 710.000 véhicules sa production en France, au plus tard à la fin 2016. En interne, on assure que ce nombre sera largement dépassé cette année.

Et cerise sur le gâteau, le constructeur a lancé deux vagues de recrutements depuis l'instauration du plan en 2013: 1.000 personnes ont signé un CDI l'an dernier, et autant cette année. Soit bien plus que les 750 embauches initialement prévues.

Des augmentations supérieures à l'inflation

De leur côté, les syndicats qui avaient consenti à des efforts entendent bien être récompensés. En 2013, ils avaient accepté une modération salariale. Alors aujourd'hui, comme l'entreprise dégage d'importants profits, ils attendent des hausses de salaires supérieures à l'inflation.

La question de l'emploi sera aussi sur la table. La CGT, deuxième syndicat chez Renault, réclame la titularisation des intérimaires. Selon la centrale, certaines usines françaises du groupe emploient davantage d'intérimaires que de titulaires.

Pour obtenir gain de cause, les syndicats ont deux arguments de poids. Le premier: la rentabilité de Renault, qui a dégagé l'an dernier plus de 1,5 milliard d'euros de profits, un niveau jamais atteint par le constructeur. Le deuxième: les usines du groupe en France tournent à plein régime, y compris Sandouville, un temps menacée de fermeture. Le site normand qui fabrique le Master ne dort jamais: ses employés travaillent en 3x8, donc les chaînes de production fonctionnent 24 heures sur 24.

Mathieu Sevin, édité par N.G.