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PSA pourrait supprimer la moitié de ses effectifs en Chine

Le délocalisation de certains modèles de Peugeot va participer à la baisse de la production en France l'an prochain.

Le délocalisation de certains modèles de Peugeot va participer à la baisse de la production en France l'an prochain. - PSA

Confronté à une chute continue de ses ventes dans l’Empire du Milieu, le constructeur français envisagerait un remède de cheval. Avant de jeter l’éponge ?

L’eldorado chinois, premier marché mondial de l’automobile, est devenu au fil du temps un boulet pour PSA. Malgré son ancrage ancien, ses efforts et son partenariat avec un acteur local (Donfeng), le groupe français voit ses ventes baisser depuis cinq ans. Au premier semestre, la chute est même abyssale avec des ventes en repli de 62% et en 2018, le groupe a perdu 300 millions d’euros dans le pays.

La direction avait alors admis ne pas avoir « compris » en profondeur les évolutions complexes du marché chinois, où il est pourtant implanté depuis plus d'une trentaine d'années, mais avec une part de marché inférieure à 1% et les ventes qui sont tombées à 251.700 contre un pic à 731.000 en 2014.

ANALYSE - Automobile : ce qui cloche chez PSA

Bref, il est temps de stopper l’hémorragie. Selon un document que Reuters a pu consulter, PSA et son partenaire Dongfeng ont ainsi décidé de supprimer plusieurs milliers de postes en Chine et de se défaire de deux des quatre sites d'assemblage qu'ils détiennent en commun dans le pays

La coentreprise Dongfeng Peugeot Citroën Automobiles (DPCA), basée dans le centre de la Chine à Wuhan, va diviser par deux le nombre de ses salariés pour le ramener à environ 4000 via la fermeture d'un de ses quatre sites et la vente d'un autre.

Des consommateurs qui privilégient les marques locales

Selon le document, ces décisions sont le fruit d'un accord conclu le mois dernier entre Carlos Tavares et Zhu Yanfeng, président de Dongfeng. Les deux constructeurs ont refusé de commenter dans le détail les projets de restructuration de leur coentreprise. « Nous travaillons de concert avec tous nos partenaires pour améliorer les performances d'ensemble de nos activités en Chine (...) », a indiqué un porte-parole de PSA.

Si l'accord ne donne pas satisfaction, deux sources proches du constructeur français ont déclaré que cela pourrait inciter Carlos Tavares à mettre un terme au partenariat, vieux de 27 ans, avec Dongfeng, qui détient 12,2% de PSA. Voire de cesser toute activité en Chine. « Nous sommes à deux doigts de devoir nous retirer du marché chinois. La situation est aussi grave que cela », a dit une des sources.

« Nous n'abandonnons pas la partie. Nous poursuivons la mise en oeuvre de notre plan d'action visant à faire baisser les coûts fixes », a de son côté déclaré le porte-parole de PSA.

PSA n’est pas le seul à souffrir en Chine. Il faut dire que le marché a profondément évolué (avec une appétence de plus en plus forte pour les marques domestiques) mais s’est surtout contracté en 2018 pour la première fois depuis les années 1990. Et, sous le coup notamment des tensions commerciales sino-américaines, il devrait encore reculer de 5% cette année.

la rédaction