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PSA/Fiat: "3,7 milliards de synergies par an" et un pied en Amérique, souligne Carlos Tavares

Invité sur le plateau de Good Morning Business sur BFM Business, le PDG de PSA s'est attaché à démontrer que ce mariage se faisait bien entre égaux.

Depuis l'annonce du rapprochement entre PSA et Fiat Chrysler (FCA), la question est sur toutes les bouches. S'agit-il vraiment d'une fusion à 50/50 comme annoncée. Car entre les différences de valorisation (21 milliards d'euros pour le français, 15 pour l'italo-américain), la situation financière délicate de FCA et son retard technologique, PSA paraît en situation de force.

Pourtant, pour Carlos Tavares, invité sur le plateau de Good Morning Business sur BFM Business, les complémentarités technologiques et géographiques, et les synergies générées sont essentielles. "C'est vrai qu'il y a beaucoup de gens en ce moment qui passent beaucoup de temps le nez collé sur les tableurs Excel", ironise le PDG.

"Ce qu'il faut dire, c'est qu'on est en train de parler d'une situation qui s'apprécie par rapport à la valorisation des deux entreprises. La valorisation des entreprises, elle est impactée par la volatilité des marchés. La volatilité des marchés nous concernant a été relativement forte. Et donc, si vous faites varier cette fenêtre temporelle d'analyse de valeur des entreprises vous verrez que cette appréciation peut varier dans des proportions importantes".

"Beaucoup de gens en ce moment qui passent beaucoup de temps le nez collé sur les tableurs Excel"

Par ailleurs, "la création de valeur pour les deux actionnaires est énorme. Il n'y a absolument pas de doute que c'est une excellente affaire pour les deux actionnaires. Et c'est pour ça que c'est du gagnant-gagnant."

Enfin, "les valeurs dont on discute, elles sont inférieures à une seule année de synergies et donc si on prend une perspective de 10 ou 15 ans, on s'attachera plus à créer des synergies et à créer de la valeur pour nos actionnaires et moins sur des discussions sur les valeurs du tableur Excel à un instant T".

Ces fameuses synergies, elles sont évaluées à "3,7 milliards d'euros par an et c'est une valeur nominale et c'est une valeur que nous nous attacherons à améliorer dans le temps".

"Et il ne faut pas oublier la puissance de FCA sur les Amériques, que ce soit en Amérique du Nord avec 12% de parts de marché. C'est un élément important de complémentarité géographique qui vient s'ajouter à la complémentarité technologique". "Et le défi est déjà partiellement gagné", ajoute le PDG qui évoque le succès de certaines marques de FCA comme RAM aux Etats-Unis.

Enfin, "il y a aussi, des deux côtés (...) une capacité de mise en oeuvre des plans qui donne toute la crédibilité aux synergies que nous avons mises sur la table. Ce qu'il faut bien regarder, dans une période de 10 ans, 15 ans, 20 ans, nous avons là une complémentarité qui ouvre des perspectives très intéressantes".

Olivier Chicheportiche