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Profitabilité : PSA frappe un grand coup au 1er semestre

PSA a préféré maximiser la création de valeur sur chaque modèle construit, plutôt que de se lancer dans une course au volumes. Un choix payant pour le 1er semestre, avec une marge record.

PSA a préféré maximiser la création de valeur sur chaque modèle construit, plutôt que de se lancer dans une course au volumes. Un choix payant pour le 1er semestre, avec une marge record. - Fred TANNEAU / AFP

Malgré un marché automobile mondial difficile, PSA déjoue les pronostics en signant un 1er semestre brillant malgré des ventes en baisse.

La machine à profits PSA est loin d'être grippée. Dans un contexte où la plupart des constructeurs automobiles voient leurs marges fondre, face à l'inflation des coûts de recherche et de développement et autres investissements d'avenir, le constructeur arrive même à améliorer sa rentabilité, et signer un nouveau record en la matière.

Il y a un an jour pour jour, alors que le marché automobile était sur une forte dynamique haussière, PSA signait une marge opérationnelle historique à 7,8%. 12 mois après, avec un marché automobile qui s'est complètement retourné et qui se dirige sans doute vers une récession, la maison-mère de Peugeot, Citroën ou encore Opel arrive encore à l'améliorer au 1er semestre, à ... 8,7% !

Malgré un marché chinois toujours aussi difficile (300 millions d'euros d'impact négatif sur la période), et un marché européen en voie de tassement, malgré des ventes mondiales en baisse de 13%, PSA voit son bénéfice net grimper de 23,7% à 1,8 milliards d'euros, +10,6% pour son bénéfice opérationnel à 3,3 milliards, pour un chiffre d'affaires en légère baisse de 0,7% à 38,3 milliards. Sur tous les points, on est au-dessus des attentes des analystes de marché.

Succès des modèles à forte marge

Une performance rendue possible grâce à un mix-produit en hausse de 2,9%, et un mix-prix en progrès également (+1,3%), qui ont permis de compenser certains éléments négatifs comme celui des impacts de devises. Mais ce n'est pas tout. PSA profite à plein de moteurs de croissance qui prennent le relais les uns des autres. Car comme on a pu le constater, si les ventes de Peugeot ont tendance à nettement se tasser depuis le 1er janvier, celles de Citroën ont nettement pris le dessus, avec des croissances à 2 chiffres quasiment tous les mois sur les marchés français et européens.

Des modèles comme la C3, et les SUV C3 Aircross et C5 Aircross, connaissent un franc succès, avec une marge très confortable. Ce qui permet à PSA d'avoir de la visibilité et des acquis de rentabilité suffisants pour attendre la montée en puissance des futurs best-sellers, dont la nouvelle version de la 208 (2ème voiture la plus vendue de France), qui devrait être l'ingrédient principal du second semestre de PSA. Preuve que le groupe est prêt à voir ses volumes se réduire, pour privilégier la création de valeur maximale sur chaque voiture construite.

Confiance intacte malgré un contexte difficile

Certes, le groupe ne peut que constater la dégradation continue des marchés automobiles sur lesquels il opère. PSA a d'ailleurs revu à la baisse ses prévisions pour l'Europe : si le marché était attendu à l'origine stable, le constructeur le voit désormais en contraction d'1% aux termes de l'année. Pareil pour le marché chinois, où les difficultés stratégiques restent grandes et le chantier complexe. PSA l'attendait en repli de 3%, c'est désormais une baisse de 7% qui est anticipée pour 2019. PSA réfléchit d'ailleurs à adapter sa production sur place, en optimisant ses partenariats industriels, pourquoi pas en louant certaines de ses lignes de production dans le pays.

Mais au-delà, le président Carlos Tavares se félicite « de la remarquable profitabilité du groupe, de sa structure financière robuste, qui lui permettent d'envisager le futur de manière très confiante ». PSA maintient ses prévisions, à savoir une marge opérationnelle courante moyenne supérieure à 4,5% pour l'activité strictement automobile, sur la période 2019-2021.