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Privatisation des voies rapides, péages urbains: les pistes pour financer les transports de demain

Les experts chargés de trouver des solutions pour financer les futures infrastructures de transports ont publié leur rapport d’étape. Et certaines pistes envisagées pourraient faire parler d’elles.

Dans quels projets investir aujourd’hui pour que les transports de demain soient en adéquation avec leur époque? Le gouvernement attend une réponse d’ici à la fin du mois de janvier 2018, et a réuni une palette d’experts (députés, sénateurs, représentants de Bercy et du Trésor) regroupés au sein du Conseil d’orientation des infrastructures (COI).

Celui-ci a récemment publié un rapport d’étape, dans lequel il dévoile les pistes envisagées, notamment pour financer le développement, la modernisation ou le renouvellement des modes de transports existants, aérien mis à part. Et certaines d’entre elles ne manqueront pas de faire tiquer les usagers, qui contribueront de manière inévitable à l’effort global.

Ainsi, une nouvelle vignette, destinée aux poids lourds et aux véhicules utilitaires, est envisagée. Pour les auteurs du rapport, cette "redevance temporelle", obligatoire sur un certain type de réseau routier, aurait l’avantage de ne s’appliquer qu’aux véhicules empruntant ce réseau. Et de remplacer l’écotaxe, alors que le gouvernement vient à peine de solder le fiasco de ce dispositif.

Modulation tarifaire

La mise en place de péages ouverts -c’est-à-dire appliquant un tarif forfaitaire- est également une option. Ils pourraient être implantés "sur des infrastructures existantes dont il s’agit d’améliorer significativement la capacité ou le niveau de service". En d’autres termes, les routes ou autoroutes pouvant être modernisées. Les tarifs de ces péages pourraient être modulables (en fonction de la tranche horaire, du type de véhicule, etc.) et utiliser de nouvelles technologies afin de ne pas trop ralentir le trafic.

Une autre piste évoquée par le COI pourrait faire parler d’elle: la possibilité de concéder les voies rapides, à la manière des autoroutes. Actuellement gérées par l’État et certaines collectivités (conseils généraux, communes), celles-ci pourraient donc être exploitées pour une durée déterminée par des groupes privés. Et deviendraient donc irrémédiablement payantes pour les automobilistes qui souhaiteraient les emprunter.

Taxe sur les livraisons à domicile

Les auteurs du rapport estiment également que de nouvelles taxations "incitatives" pourraient voir le jour. La mise en place de péages urbains, à laquelle réfléchit la Mairie de Paris pour le périphérique, est notamment évoquée. L’idée étant encore, à l’instar du métro ou du bus, de faire payer aux seuls usagers l’entretien et le réaménagement des routes.

Enfin, le COI conseille au gouvernement de réfléchir à une taxe sur les livraisons à domicile, qui connaissent actuellement une forte croissance (+20% par an), et qui développent un "transport de colis sous-optimisé et source de nuisances multiples". Cependant, la mise en œuvre de cette taxation apparaît complexe, souligne le rapport, ses auteurs proposant donc d'approfondir la réflexion à ce sujet.

Le Conseil d'orientation des infrastructures doit remettre en janvier son rapport définitif au gouvernement. Il servira de base à la rédaction d'un projet de loi mobilité qui devrait être présenté début février.

Yann Duvert