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Pourquoi EADS va supprimer 5.800 postes dans la défense

Tom Enders veut doper la compétitivité du groupe via ce plan.

Tom Enders veut doper la compétitivité du groupe via ce plan. - -

L'avionneur européen a confirmé ce lundi 9 décembre, via un communiqué, l'ampleur des suppressions de postes touchant sa division espace et défense, qui doivent lui permettre de faire face à une conjoncture dégradée. Des transferts internes devraient toutefois limiter l'impact social du plan.

EADS va bel et bien réduire la voilure. Dans un communiqué publié ce lundi 9 décembre, le groupe d'aéronautique et de défense a confirmé les informations déjà rapportées par les syndicats selon qui le groupe s'apprêtait à supprimer 5.800 postes dans ses activités spatiales et de défense.

Sont concernées par ce plan de réorganisation étalé sur trois ans, Astrium, la filiale spécialisée dans les activités spatiales, Cassidian (défense) et Airbus Military, une branche d'Airbus qui produit notamment l'A400M.

Environ 1.700 postes concernés en France

EADS précise toutefois que "jusqu'à 1.500 postes seront proposés au sein d'Airbus et Eurocopter (les deux filiales non-concernées par cette restructuration, ndlr) aux employés concernés par ce plan".

En outre, "après le non-renouvellement de 1.300 contrats d'intérimaires et l'application de mesures supplémentaires basées sur le volontariat", EADS estime les suppressions de postes finales "entre 1.000 et 1.450".

Dans le détail, la France sera impactée à hauteur d'environ 1.700 postes dont 400 contrats intérimaires. Pour l'Allemagne, où est située la majorité des activités de défense du groupe, le chiffre grimpe à 2.600, dont 570 intérimaires. Le Royaume-Uni et l'Espagne vont respectivement être concernés à hauteur de 700 et 600 postes.

Une conjoncture morose

Tom Enders, le président exécutif d'EADS, a rappelé la raison de ce plan de restructuration: la conjoncture morose qui touche les activités militaires.

"Nous devons renforcer la compétitivité de nos activités spatiales et de défense, et nous devons le faire maintenant", a-t-il expliqué, dans le communiqué du groupe.

"Compte-tenu de la décroissance de nos marchés traditionnels, nous devons d'urgence améliorer notre accès aux clients internationaux et aux marchés en croissance. Pour cela, il nous faut réduire les coûts, éliminer les duplications de produits et de ressources, créer des synergies (...)", a-t-il détaillé.

La réduction des dépenses militaires

De fait, EADS fait face à une baisse des budgets militaires. Le mois dernier, Tom Enders avait ainsi déjà expliqué que les réductions de commandes militaires, notamment en Allemagne, auront "des conséquences sur l'emploi".

Berlin a récemment réduit ses commandes d'hélicoptères de combat Tigre auprès d'EADS. L'Allemagne n'est pas un cas isolé. L'année dernière, les dépenses militaires mondiales ont connu une baisse de 0,5% par rapport à 2011, selon le Stockholm International Peace Research Institute (Sipri). Du jamais-vu depuis 1998.

En outre, l'A400M, le transporteur militaire d'EADS, pourrait notamment faire les frais des tours de vis budgétaires en France. A terme, l'Hexagone doit commander 50 appareils de ce type. Mais la confirmation de cette cible reste incertaine.

Selon le compte-rendu d'une audition parlementaire du 19 septembre dernier, Marwan Lahoud, le directeur de la stratégie et du marketing d'EADS, soulignait que dans la loi de programmation militaire "les livraisons prévues d’A400M d’ici à 2020 passent de 35 à 15" unités.

Julien Marion