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Nouvelles recherches de l'épave du vol Rio-Paris

Débris de l'avion d'Air France du vol AF447. La quatrième campagne de localisation dans l'Atlantique de l'épave du vol Rio-Paris se met en place à partir de vendredi. Le bateau utilisé pour tenter de retrouver l'épave de l'Airbus A 330 partira d'ici la fi

Débris de l'avion d'Air France du vol AF447. La quatrième campagne de localisation dans l'Atlantique de l'épave du vol Rio-Paris se met en place à partir de vendredi. Le bateau utilisé pour tenter de retrouver l'épave de l'Airbus A 330 partira d'ici la fi - -

par Gérard Bon PARIS (Reuters) - La quatrième campagne de localisation dans l'Atlantique de l'épave du vol Rio-Paris d'Air France se met en place...

par Gérard Bon

PARIS (Reuters) - La quatrième campagne de localisation dans l'Atlantique de l'épave du vol Rio-Paris d'Air France se met en place à partir de vendredi, a-t-on appris de source proche du dossier.

Le bateau utilisé pour tenter de retrouver l'épave de l'Airbus A 330 partira d'ici la fin de la semaine et les opérations elles-mêmes, qui doivent durer quatre mois, débuteront dans les prochaines semaines.

Le vol AF447 s'était abîmé au large du Brésil dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2009, faisant 228 disparus de 32 nationalités, dont 72 Français et 59 Brésiliens.

Le secrétaire d'Etat chargé des Transports, Thierry Mariani, et le directeur du Bureau d'Enquêtes et d'Analyses (BEA), Jean-Paul Troadec, présenteront vendredi aux familles des victimes cette nouvelle phase de localisation, indique le ministère de l'Ecologie dans un communiqué.

L'objectif prioritaire des enquêteurs est de retrouver les boîtes noires de l'appareil pour tenter de déterminer avec le moins de doutes possibles les causes de l'accident.

Les familles des victimes françaises se veulent plus optimistes que les fois précédentes sur les chances de retrouver l'épave mais la prudence reste de mise.

"Nous avons de bonnes raisons de penser que la 4ème phase devrait cette fois-ci permettre de localiser l'avion", déclare l'association Entraide et solidarité de l'AF447, qui regroupe la plupart des familles des victimes françaises.

"La zone déterminée par le BEA dans le cadre de cette nouvelle phase est strictement identique à la zone déterminée par l'association", ajoute-t-elle sur son site internet.

COMITÉ D'INFORMATION DES FAMILLES

"C'était une demande forte des familles, le sentiment est plutôt positif", a dit Stéphane Gicquel, président de la Fédération nationale des victimes d'accidents collectifs, qui est partie civile.

Le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) a estimé jusqu'à présent que la défaillance des sondes de vitesse Pitot, qui ne résisteraient pas à un givrage extrême, était un élément contributif mais qu'elle n'expliquait pas à elle seule l'accident.

Parallèlement à l'enquête technique, une instruction est menée par la juge Sylvia Zimmermann à Paris et plusieurs associations se sont constituées parties civiles.

Le nouvelle campagne de localisation fera appel aux meilleurs équipements disponibles actuellement, a assuré à l'automne Thierry Mariani.

Depuis l'accident du vol AF447, les familles ont exprimé régulièrement leurs doutes et critiques, notamment sur l'organisation des recherches dans l'Atlantique. Un comité d'information des familles des victimes a été lancé en juillet 2010 pour répondre à leur demande de transparence.

Des débris, dont l'empennage de l'avion, ont été repêchés après l'accident, ainsi qu'une cinquantaine de corps. Mais les trois premières phases de recherches, à l'aide de robots sous-marins, n'ont pas permis de retrouver l'épave.

L'enquête technique a mis en évidence une défaillance des sondes Pitot de mesure de la vitesse de l'avion - lesquelles ont été changées depuis - mais le BEA estime qu'elle n'est pas la cause principale dans la "chaîne d'événements" ayant conduit à l'accident.

Dans un mémorandum transmis à la justice, Air France a décliné toute responsabilité dans l'accident et accusé Airbus et Thales d'être restés sourds à ses alertes sur les sondes Pitot.

La compagnie a été en effet critiquée pour son absence de réactivité après les multiples cas de givrage des sondes AA Pitot de Thales.

"Ce memorandum, c'était simplement pour dire qu'Air France avait fait tout ce qu'elle pouvait faire et avait à faire pour pallier les problèmes de Pitot", a souligné l'avocat d'Air France, Fernand Garnault.

Il est apparu que les sondes Thales donnaient, en cas de givrage, des informations de vitesse erronées, perturbant ainsi l'équipage. Un rapport d'experts judiciaires dans le cadre de l'instruction à Paris a mis en cause la maintenance des sondes par Air France.

Dans les mois suivant l'accident, la compagnie a accéléré le remplacement des sondes AA en même temps qu'Airbus puis l'Agence européenne de sécurité aérienne recommandaient leur remplacement par des sondes Goodrich, jugées plus fiables.

Une mission d'experts indépendants mandatée par la compagnie pour étudier la sécurité de ses vols après l'accident du Rio-Paris a récemment validé la sécurité des vols d'Air France.

Mais elle a tout de même critiqué une organisation trop complexe au sein de la compagnie et a prôné la mise en place de 35 mesures de sécurité.

Edité par Patrick Vignal