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Les VTC du Sud se désolidarisent de la fronde parisienne anti-Uber

Pour Rafik Chahbi, président de la Fédération des Exploitants VTC de la région PACA, le problème repose sur les LOTI qui créent une concurrence déloyale.

Pour Rafik Chahbi, président de la Fédération des Exploitants VTC de la région PACA, le problème repose sur les LOTI qui créent une concurrence déloyale. - Alain Jocard - AFP

À quelques jours d’une nouvelle manifestation des chauffeurs parisiens qui exigent une hausse des tarifs d'Uber, la Fédération des Exploitants VTC de la région PACA demande à ses adhérents de ne pas rejoindre le mouvement et assure ne rien exiger d'Uber.

Depuis décembre dernier, les VTC qui travaillent avec Uber multiplient les actions. La dernière opération s’est tenue le 3 janvier devant le siège de la filiale française de l’opérateur américain et une nouvelle manifestation devrait avoir lieu à Paris le 16 janvier. Mais les dissensions s'accentuent au sein de la profession. Avec un schisme entre le Nord et le Sud. La Fédération des Exploitants VTC de la région PACA a annoncé officiellement qu'elle se désolidarisait des actions menées à Paris.

Dans un communiqué, son président, Rafik Chahbi, appelle ses membres à "ne pas rejoindre le mouvement de contestation des VTC parisiens contre les plateformes de mise en relation, notamment Uber". Cette décision a été prise en accord avec les adhérents de l’organisation qui refusent de demander à Uber "une quelconque hausse de tarifs". Dans le communiqué, ils rappellent qu’en aucun cas, ils ne sont "subordonnés" à la plateforme et "qu'ils ont conscience de leurs seuils de rentabilité et de la marge à appliquer afin de pérenniser leur activité".

Alors que les Parisiens exigent d’Uber une hausse des tarifs et une baisse de la commission qui est récemment passée de 20 à 25%, Rafik Chahbi estime qu'en tant "qu’entrepreneur indépendant, un VTC ne peut exiger d'un opérateur de revoir sa politique tarifaire et encore moins demander le concours de l'État, ce qui serait qualifié d'ingérence pure". Il poursuit en rappelant qu’aucun VTC n’est contraint de travailler avec Uber. "Si les tarifs d'un opérateur ne sont pas convenables, chaque VTC est libre de se connecter ou pas à une plateforme de mise en relation".

Exploitation, maraudage et argent liquide

Pour cette fédération, le problème repose avant tout sur les sociétés ayant recours au statut de "capacitaires Loti" qui créent une concurrence déloyale aux VTC "au niveau réglementaire et tarifaire". 

"À ce jour, ces transporteurs embauchent des chauffeurs non professionnels (non titulaires de carte VTC) pour les mettre sur le réseau Uber et ne paient pas le vrai coût du travail et les charges qui en découlent", affirme la Fédération. Pour Rafik Chahbi, "ces transporteurs capacitaires, d'où qu'ils soient en France, paient leurs 'salariés' en pourcentage du chiffre d'affaires réalisé sur Uber, ce qui est totalement illégal".

Ce responsable avance également que ces patrons incitent "leurs chauffeurs à générer plus de chiffre d'affaires sur Uber en maraudant" et en effectuant des courses payées en argent liquide hors de l’application "ce qui équivaut à de l'exercice illégal de l'activité de taxis".

Enfin La Fédération accuse les pouvoirs publics qui, malgré les contrôles et les infractions constatées, ne sanctionnent pas ces pratiques. Elle annonce qu’elle va déposer une plainte contre X pour concurrence déloyale. Cette action contre les chauffeurs "Loti" pourrait adoucir un peu plus les relations entre VTC et taxis.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco