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Les VTC à l'origine d'une création d'emplois sur quatre en Île-de-France

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Essentiellement concentrée dans la région francilienne, l'activité de VTC représenterait 800 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2016 selon le Boston Consulting Group et serait déjà à l'origine de 22.000 emplois.

Uber, Chauffeur Privé et consorts stimulent l'emploi en France. C'est ce que révèle le Boston Consulting Group (BCG). Une étude, il convient de le préciser, commandée par Uber mais que l'institut a réalisée en se basant sur des données de l'Insee et de la préfecture de Police de Paris. "Et puis, souligne Joël Hazan, consultant au BCG et co-auteur de l'étude, il n'y a pas que des éléments positifs dans notre étude. Nous évoquons ainsi l'impact négatif des VTC sur l'activité de taxi, ce qui n'est pas une information qui fait plaisir à Uber...". "On s'amuserait pas à salir notre marque pour faire plaisir à Uber", ajoute-t-il.

Selon le BCG donc, l'impact des entreprises de chauffeurs serait très important sur l'économie. Sur les 6 premiers mois de l'année, 15% des créations nettes d'emplois en France leur seraient imputables. "Ce chiffre atteint même 25% en Île-de-France, soit une création nette d'emploi sur quatre", précise Joël Hazan. C'est en région parisienne en effet que l'essentiel de l'activité est réalisée.

De 1.400 à 1.600 euros par mois

En juin 2016, 22.000 personnes exerçaient le métier de chauffeur VTC en France. Entre 8.000 et 11.000 chauffeurs déclarent qu'ils étaient auparavant sans activité, dont environ un tiers depuis plus d'un an, et ce principalement dans des territoires où le taux de chômage est élevé. Le revenu d'un chauffeur est situé en moyenne entre 1.400 et 1.600 euros nets par mois pour un temps plein, avec des variations selon le contrat de travail pour les salariés capacitaires, ou la bonne gestion des dépenses - notamment des frais liés au véhicule - pour les VTC indépendants.

Cette activité qui n'existait pas il y a encore trois ans aurait déjà un important poids économique. En 2016, la filière VTC représenterait 800 millions d'euros de chiffre d'affaires (dont 90% en Île-de-France), soit 19% du secteur du transport particulier de personnes (taxis et VTC, évalué à 4,2 milliards). Elle contribue à hauteur de 0,04% au PIB de la France en 2016 et 2% de sa croissance. En Île-de-France, on atteint 0,1% du PIB et 6% de sa croissance. Un impact positif sur les comptes de l'État puisque le BCG estime que les recettes (principalement liées à la TVA) seraient de 240 à 350 millions d'euros. 

Les taxis en recul de 5%

Et son poids devrait croître dans les années à venir. L'étude projette que d'ici à 2022, l'activité de VTC devrait réaliser un chiffre d'affaires compris entre 1,5 et 3,9 milliards d'euros. Une fourchette large liée aux incertitudes qui planent sur la législation qui encadre cette activité. En ce qui concerne l'emploi, ce sont entre 40.000 et 80.000 chauffeurs qui pourraient exercer ce métier d'ici 5 ans contre 22.000 aujourd'hui. Les recettes fiscales seraient alors comprises entre 0,7 et 1,7 milliard d'euros. 

Si l'activité de VTC croît indéniablement, n'est-ce pas au détriment des activités de transports traditionnelles comme les taxis? C'est effectivement le cas. Selon le BCG, le chiffre d'affaires de la filière taxi s'est contracté de 5% depuis 2013. "Mais la croissance du marché global du transport de personnes qui était de 4% par an avant 2013 est désormais de 10%, relève Joël Hazan. Les VTC ont pris une part au taxi mais le gâteau est plus gros au global." Sur un marché qui devrait continuer à croître fortement ces 5 prochaines années, la question est donc de savoir comment va se répartir le gâteau. Depuis le début de l'année en tout cas, les chauffeurs de taxis peuvent aussi exercer le métier de VTC. La distinction entre les deux métiers va donc peut-être s'effacer dans les années à venir.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco