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Les ventes de Michelin pénalisées par l'euro fort

L'euro fort a pesé pour 4,6% sur le chiffre d'affaires de Michelin.

L'euro fort a pesé pour 4,6% sur le chiffre d'affaires de Michelin. - -

Le fabricant de pneumatiques a publié, ce mercredi 23 avril, un chiffre d'affaires en baisse de 2,4% pour le premier trimestre. Le niveau de la monnaie unique a eu un impact négatif de 4,6%, estime la société.

Hasard du calendrier. Alors que, ce mercredi 23 avril, Michel Sapin, le ministre des Finances et des Comptes publics, a assuré que la France "souffre du niveau trop élevé de l'euro", une des plus grandes entreprises tricolores, Michelin, a publié des ventes en baisses en valeur, en raison, justement,du niveau de l'euro.

Le Bibendum a ainsi fait état d'un chiffre d'affaires de 4,76 milliards d'euros au premier trimestre 2014, soit une baisse de 2,4% par rapport à la même période de 2014.

60% des ventes en dehors de l'Europe

Pour justifier ce chiffre, Michelin invoque "l'impact négatif des parités monétaires, lié à la force de l'euro", qui a ainsi pesé pour 4,6% sur ses ventes sur les trois premiers mois de 2014, soit 232 millions d'euros. L'entreprise cite l'euro-dollar, mais aussi le cours de la devise européenne face au real brésilien, le dollar canadien, le dollar australien, la livre turque ou encore le peso argentin.

Le niveau de l'euro, une variable déterminante pour le groupe de Clermont-Ferrand, qui, selon son rapport annuel de 2013, réalise 60% de ses ventes en dehors de l'Europe.

L'offensive du gouvernement

Michelin n'est évidemment pas la seule entreprise à pâtir des variations de la monnaie unique. Fabrice Brégier, le président exécutif d'Airbus, rappelait le 16 janvier dernier sur BFM Business qu'une "variation de 10 centimes de l'euro par rapport au dollar c'est largement plus d'un milliard (de chiffre d'affaires, ndlr) qui s'évapore" pour son groupe.

Dans la même veine, Stéphane Israël, le PDG d'Arianespace, expliquait, toujours sur BFM Business en janvier dernier, qu'une hausse de 10 centimes de l'euro par rapport au dollar, impactait le résultat de son entreprise "d'environ 60 millions d'euros".

Le gouvernement français a, depuis plusieurs semaines, adopté une posture plus offensive face à l'euro fort, qui était auparavant surtout critiqué par Arnaud Montebourg. Lors de son discours de politique générale, le Premier ministre Manuel Valls déclarait ainsi que l'euro fort "pèse évidemment sur nos exportations" et que les efforts de l'exécutif pour redresser la compétitivité française "ne doivent pas être balayés" par le haut niveau de la monnaie unique.

Julien Marion