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Les négociations pour la fusion BAE-EADS patinent

Des obstcles entravent les négociations entre EADS et BAE

Des obstcles entravent les négociations entre EADS et BAE - -

La France refuse de bouger de ses positions, BAE pourrait perdre son lien privilégié avec les Etats-Unis, l'Allemagne craint des délocalisations ... Les obstacles à la fusion se sont de plus en plus nombreux.

Les "obstacles techniques" entre EADS et BAE, dont parlait la semaine dernière le ministre délégué aux Affaires européennes, Bernard Cazeneuve, se précisent. Selon le quotidien économique allemand, Handelsblatt, le projet de fusion entre le groupe européen EADS et le britannique BAE se heurte à des obstacles côté français.

La France "ne veut en aucun cas renoncer à sa part" dans le capital d'EADS. Pourtant, les Britanniques ont posé comme condition à la réalisation de l'opération de fusion un retrait du capital des Etats français et allemands de la nouvelle entité. D’après le quotidien, qui cite cette fois un haut responsable gouvernemental français, Paris resterait cependant "fondamentalement ouvert" au projet mais serait plutôt prêt à une réduction de sa participation, qui ne descendrait pas en deçà de 9%.

Inquiétudes de l'Allemagne

Par ailleurs, l'Allemagne s'inquiète de sa part d'influence. Les deux sièges sociaux seront à Toulouse et en Grande-Bretagne, les postes stratégiques ne seront donc plus sur leur territoire. 

La priorité de Berlin serait donc d'obtenir des garanties sur l'emploi chez Airbus. Selon le Financial Times Deutschland, EADS a proposé des garanties pour obtenir le soutien de l'Allemagne, mais certains analystes disent que le pays jouent la montre.

L'Allemagne craint également, que le projet de fusion soit contraire au droit européen. "L'Union européenne n'autorise les golden shares (actions spécifiques) que pour les activités d'armement, lorsque les questions de sécurité nationale à défendre sont concernées. Pour les activités civiles, c'est contraire au droit européen", écrit Der Spiegel.

BAE pourrait perdre ses contrats avec les Etats-Unis

De son côté, BAE serait prêt à jeter l’éponge si ce rapprochement doit détériorer ses relations avec les Etats-Unis, a révélé le Financial Times. BAE Systems dispose d'un contrat avec le département américain de la Défense, qui lui donne accès à des contrats importants dans le domaine de la défense.

Selon la presse britannique, pour ne pas mettre en péril ces accords, EADS et BAE Systems ont dit au Pentagone qu'ils donneraient naissance à un groupe de défense aux Etats-Unis isolé du reste de leurs activités, avec quasiment que des Américains au conseil d'administration.

Réponse le 10 octobre

Selon la réglementation boursière britannique, les industriels ont jusqu'au 10 octobre pour conclure leur rapprochement ou l'abandonner. Ils peuvent également demander un prolongement du délai des négociations, une option pour l'heure écartée par les parties, qui veulent aller vite.

"Les discussions sur notre possible alliance se déroulent dans un climat constructif. Nous avons l'intention - et ça correspond à ce que nous prévoyons actuellement - d'apporter des clarifications d'ici le 10 octobre", a déclaré un porte-parole d'EADS.

Diane Lacaze