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Les clients de l'A400M restent fermes envers Airbus

Les clients de l'avion de transport militaire ont maintenu les pénalités et demandé à Airbus de tenir ses engagements malgré les déboires accumulés par l'avion de transport militaire.

Les sept pays clients de l'avion de transport militaire européen A400M ont refusé jeudi à Madrid d'alléger leurs exigences envers son constructeur Airbus qui peine sous surcoûts et les pénalités de retard, a-t-on appris auprès d'un participant à la réunion. Le patron d'Airbus, Tom Enders, avait demandé en février en présentant les résultats annuels du groupe, plombés par l'A400M, la coopération des clients pour "arrêter l'hémorragie (et) plafonner l'exposition restante".

Mais les représentants des sept pays européens qui ont lancé ce programme en passant commande de l'avion en 2003 (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Luxembourg, Royaume Uni et Turquie) sont restés fermes envers le groupe européen. "Ils ont maintenu les pénalités (...) et demandé qu'Airbus tienne ses engagements", a déclaré une source de la réunion qui n'a pas souhaité être identifiée. 

Un programme de plus de 30 milliards d'euros

La rencontre s'est tenue au niveau des secrétaires d'État, la France étant représentée par le Délégué général pour l'armement Laurent Collet-Billon. Le PDG de la branche militaire de l'industriel, Airbus Defence and Space, Dirk Hoke, défendait l'avionneur. L'A400M, le programme militaire le plus ambitieux jamais lancé en Europe, accumule les déboires. Une défaillance dans le déchargement d'un logiciel des moteurs a provoqué le crash d'un appareil en vol d'essai en mai 2015 à Séville, qui a coûté la vie à quatre des six membres d'équipage.

Le premier A400M a été livré en 2013, quatre ans après la date prévue. Et avec les dernières provisions annoncées en février par le groupe aéronautique, le montant total du programme dépasse 30 milliards d'euros, contre un peu plus de 20 prévus a l'origine. L'Allemagne avait accueilli sévèrement en février la demande du patron d'Airbus, l'Allemand Tom Enders. Le ministère de la Défense avait insisté pour que "le constructeur règle son problème". La France, qui emploie l'A400M en opérations, s'est montrée satisfaite qu'Airbus tienne ses engagements de livraison à son égard, mais pas forcément plus flexible. "Je suis satisfait et exigeant" pour la suite, a déclaré ce mois-ci le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.

L'appareil a été conçu comme un couteau suisse pour répondre aux exigences divergentes de ses clients. Les États ont insisté pour confier la construction à un consortium de quatre entreprises dont c'était la première coopération, au lieu d'acheter un moteur qui avait fait ses preuves. Équipé de quatre turbopropulseurs, l'A400M peut transporter jusqu'à 37 tonnes sur 3.300 kilomètres, se poser sur des terrains non préparés comme le sable, avec à son bord des blindés ou des hélicoptères, larguer des parachutistes ou ravitailler des hélicoptères en vol. L'appareil a recueilli jusqu'à présent 174 commandes mais le constructeur devra en vendre au moins 300 exemplaires pour qu'il commence à être rentable. Airbus se veut cependant confiant dans ses perspectives sur le marché international et a annoncé mercredi la signature par l'Indonésie d'une lettre d'intention d'achat, sans préciser le nombre d'appareils.

P.L avec AFP