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Les aides à l'achat de voitures neuves concerneront aussi certains véhicules thermiques

Malgré la pression environnementale, il faut bien écouler les 400.000 voitures en stock chez les concessionnaires, dont 96% sont équipées de moteur thermique.

Le gouvernement doit présenter d'ici 15 jours son grand plan de soutien à l'industrie automobile qui devrait inclure d'importantes incitations à l'achat pour faire revenir les clients dans les concessions.

Pour quels véhicules? Malgré la pression environnementale et la volonté de transition énergétique, les voitures électriques ou hybrides ne seraient pas les seules concernées. Selon le journal Les Echos, ces primes ou ces aides couvriraient également certaines automobiles à moteur thermique.

Une information confirmée par Bruno Le Maire, ministre de l'Economie sur Europe 1 ce vendredi. "Nous favoriserons les électriques et les véhicules à faibles émissions", a détaillé le ministre, précisant que par exemple, ces primes seraient plus intéressantes pour acheter un véhicule électrique qu’un hybride. 

Bercy aurait ainsi accepté une demande forte de certains constructeurs. "Une relance massive du secteur ne sera pas possible si l'aide est réservée aux véhicules électriques et hybrides rechargeables. C'est une évidence", déclarait il y a peu Francis Bartholomé, président du CNPA (Centre national des professions automobiles), cité par le quotidien.

400.000 véhicules en stock

Le lobby rappelle ainsi que 400.000 voitures sont en stock chez les concessionnaires dont 96% sont des voitures thermiques. Il s'agit donc bien de les vendre et de soutenir l'écosystème des concessionnaires.

Un constat partagé par Luc Chatel, président de la Plateforme automobile (ou PFA, une organisation qui représente l'ensemble des acteurs de la filière). Sur BFM Business, l'ancien ministre constate une reprise "très molle" avec 25% d'activité dans les concessions. Et met en avant un sondage inquiétant: "51% des Français sont prêts à retarder leur achat automobile qu'ils avaient prévu en 2020 et ils sont prêts à le retarder en moyenne de 11 mois". 

"Ca veut dire que si nous n'avons pas de mécanisme de stimulation de la demande, en clair des incitations à l'achat, le marché automobile ne remontera pas la pente et nous risquons de nombreuses défaillances d'entreprises. Vous ne pouvez pas fonctionner à -25% très longtemps. Vous savez que les marges dans l'automobile sont très faibles. A -25%, vous perdez beaucoup d'argent", expliquait Luc Chatel.

"Une drogue" selon Peugeot

Les incitations à l'achat de véhicules ne font en tout cas pas l'unanimité chez les constructeurs, notamment chez Peugeot qui n'en veut pas pour les voitures thermiques. Sur BFM Business, Jean-Philippe Imparato, directeur de la marque, a été très clair. "Nous ne sommes pas particulièrement demandeurs de mesures qui conduiraient à tordre le marché dans un sens, qui à la fin seraient néfastes pour l'industrie à moyen terme".

Et de poursuivre: "On se rappelle tous de 2008. Et on l'a tous payé en 2011. A l'exception du support à la transition énergétique qui est normal, (...) pas de mesures qui conduisent à la fin à droguer un marché qui de toutes façons le paye. On a mis des années à construire des marques, à construire des produits qui se tiennent et dont la valeur est reconnue. Ne brisons pas cela par un mouvement de panique à la sortie du Covid".

"Pas de drogue, un marché normal, un soutien à la transition énergétique et le reste on s'en occupe", concluait le responsable.

Olivier Chicheportiche