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Le secteur du transport public est "dans une situation critique"

Invité sur le plateau de Good Morning Business, le président de l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP) Thierry Mallet a demandé l'aide de l'Etat pour sauver le secteur.

Le président de l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP) Thierry Mallet a une nouvelle fois appelé l'Etat, jeudi, à "un plan de soutien massif" au secteur, lequel est selon lui "dans une situation critique" et pourrait perdre jusqu'à 20.000 emplois.

"Tout l'ensemble du transport est dans une situation critique aujourd'hui", a-t-il alerté sur le plateau de Good Morning Business ce jeudi. "C'est un secteur qui souffre énormément, la crise (du coronavirus) a un impact très important sur nos entreprises qui ont continué de fonctionner pendant le confinement."

"C'est pour ça que la profession (...) a demandé à pouvoir évoquer la mise en place d'un plan de soutien", a indiqué Thierry Mallet, par ailleurs PDG de l'opérateur de transport Transdev.

20.000 emplois en jeu

"Notre secteur c'est 100.000 emplois. Si nous devions réduire l'offre demain, on parle de 20.000 emplois qui pourraient disparaître en France, et on parle de millions de Français qui dépendent de nous pour aller travailler et qui ne pourraient plus se déplacer", a-t-il prévenu.

"Aujourd'hui, l'enjeu au niveau du secteur du transport public en France, c'est de l'ordre de 4 milliards, dont un peu plus de la moitié pour la région Ile-de-France", a-t-il rappelé. 

Ce manque à gagner vient d'une perte d'"à peu près 50%" des recettes commerciales et "probablement aux alentours de 20%" des revenus du versement mobilité (la taxe sur la masse salariale qui finance une bonne part des transports publics), a-t-il détaillé.

"C'est un problème général en Europe", a-t-il relevé, assurant que l'Allemagne avait prévu 5 milliards d'euros et les Pays-Bas 1,5 milliard pour soutenir les transports publics.

Un plan en discussion

Concrètement, l'UTP veut "un plan de soutien massif aux transports publics". Ce plan devrait se décliner "en trois volets complémentaires: un soutien financier immédiat, une relance de l'investissement, un assouplissement du cadre juridique", a expliqué Thierry Mallet jeudi aux organisateurs de l'European Mobility Expo (ex-salon des transports publics).

"Sur le volet financier, ce soutien doit se traduire, dès 2020, par une compensation de la baisse du versement mobilité et des pertes de recettes commerciales, un taux de TVA réduit de 5,5% en 2021, par un soutien adapté, en 2021, en fonction de l'évolution des recettes fiscales et commerciales", a-t-il détaillé.

"Pour l'instant, on est en discussion avec l'Etat qui a fait un premier geste autour du versement mobilité, qui est une des briques essentielles du transport public. Il faut maintenant qu'on arrive à discuter pour la partie pertes de recettes commerciales, qui est un élément important", a indiqué Thierry Mallet sur BFM Business.

Un "acompte" de 425 millions

En Ile-de-France en particulier, la présidente de la région Valérie Pécresse estime à 2,6 milliards d'euros le trou dans les finances des transports publics, menaçant de ne plus payer la SNCF et la RATP à partir du 8 juillet, et jugeant très insuffisant un "acompte" de 425 millions promis par l'Etat pour le versement mobilité.

"L'Etat a déjà compensé 425 millions d'euros (...). Valérie Pécresse a les moyens de payer la RATP et la SNCF au 8 juillet", a répondu mardi le secrétaire d'Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari évoquant "une clause de revoyure" pour la suite.

TL, avec AFP