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Le groupe Louis-Dreyfus s'estime contraint de quitter Calcutta

La coentreprise LDA-ABG quitte le port de Calcutta, et dénonce une collusion entre les autorités locales et son concurrent local

La coentreprise LDA-ABG quitte le port de Calcutta, et dénonce une collusion entre les autorités locales et son concurrent local - -

L’armateur français évoque des collusions entre les autorités locales et son concurrent sur le port Calcutta. A bout, la coentreprise qu’il forme avec ABG a décidé de quitter la région.

La co-entreprise formée par Louis-Dreyfus Armateurs et son partenaire indien ABG jette l’éponge. Ses dirigeants ont annoncé, mardi 6 novembre, l’arrêt des activités dans le port de Calcutta. Les deux groupes affirment y être confrontés à une "situation criminelle". De ce fait, il y est "impossible de travailler".

La société dénonce "la connivence des autorités portuaires, des partis politiques locaux et d'intérêts particuliers" à sa défaveur. Selon Les Echos de ce jour, ABG-LDA se voit attribuer des "quantités de marchandises très insuffisantes. D'où des pertes chroniques". C'est la raison pour laquelle elle a dû licencier en septembre 275 de ses 650 employés, assure la société.

LDA et ABG ont investi 20 millions d'euros à Calcutta

Une concurrence biaisée donc, mais aussi des tentatives d’intimidation dignes des films de gangster. Le groupe LDA évoque ainsi des enlèvements de cadres de l'entreprise et de membres de leurs familles.

Une violence qui fait dire aux représentants de la coentreprise qu'il est désormais "impossible de travailler dans un environnement où les autorités responsables d'assurer le maintien de la loi et de l'ordre y ont ouvertement renoncé".

A écouter le directeur général de LDA, Edouard Louis-Dreyfus, celui à qui profite le crime, c’est Ripley, leur "concurrent sur le port", qui appartient "à un parlementaire membre du parti de Mamata Banerjee,le Premier ministre du Bengale occidental".

LDA et ABG ont commencé à exploiter il y a deux ans des quais à Haldia, le port de commerce de Calcutta, dans l’est du pays. Les dirigeants des deux groupes l’ont d’autant plus mauvaise qu’ils ont investi 20 millions d'euros pour moderniser ces quais. La co-entreprise aurait déjà perdu 8,6 millions sur le port de Calcutta.

Louis Dreyfus Armateurs ne quitte toutefois pas l’Inde, où le groupe a mis en place une stratégie de développement à long terme. Il reste ainsi présent dans trois autres ports, où, selon Edouard Louis-Dreyfus, "les opérations se déroulent normalement avec le soutien des autorités locales".

Nina Godart et avec agences