BFM Business

Le futur jet supersonique américain décroche son premier contrat

-

- - Aerion

Alors que le Concorde ne vole plus depuis l'été 2003, de nouveaux projets d'avions de ligne supersoniques se font jour. Parmi lesquels le projet de l'américain Aerion associée à Airbus qui vient d'annoncer le nom du premier acheteur de son jet privé capable de voler à plus de 1.900 km/h.

"La vitesse fait vendre." Pour Brian Barents, le coprésident de la société américain Aerion, l'heure est désormais à la commercialisation. Si la compagnie n'a pas encore lancé la production de son jet supersonique AS2, elle vient d'annoncer qu'elle avait déjà un premier client. Il s'agit de la compagnie de jets privés Flexjet. Car cet avion supersonique conçu en partenariat avec Airbus n'est pas vraiment un successeur du Concorde à proprement parler. Il s'agit d'un petit avion capable de transporter à Mach 1,5 (1.930 km/h) une douzaine de passagers tout au plus et non un avion de ligne. Son prix (120 millions de dollars) en fait un moyen de transport réservé à une clientèle de milliardaires et de compagnies de jets privés sera concerné. Mais c'est une clientèle en plein boom selon les patrons d'Aerion qui anticipent 600 ventes dans les 20 prochaines années. 

Le progrès irait-il à l'envers pour la vitesse?

Cette annonce marque-t-elle le le top départ du retour de la très grande vitesse dans l'aviation civile? Voilà plus de 12 ans que le Concorde a pris sa retraite. Et autant d'années que les avions de ligne se traînent à des vitesses subsoniques. Le Paris-New York en à peine 3 heures et demi? C'est du passé. Aujourd'hui c'est deux fois plus, quand les vents favorables sont de la partie mieux. Et pourtant les avions ont fait d'immenses progrès depuis 30 ans tant en terme de capacité de passagers, de confort, de consommation, d'aménagement de l'habitacle. Mais lorsqu'il s'agit de vitesse, on fait du surplace et ce depuis des décennies.

Le progrès irait-il à l'envers en ce qui concerne la vitesse? C'est plus compliqué que ça. "Les technologies n'existaient tout bonnement pas pour créer une nouvelle génération d'avions supersoniques efficaces et pratiques", explique Doug Nichols, le patron de Aerions, l'une des rares sociétés aéronautiques qui travaillent sur un concept d'avion civil supersonique.

Le projet fou d'Airbus 

Efficace, pratique et surtout rentable. Et c'est bien ça le problème. Produire un avion supersonique était jusqu'à présent trop coûteux. D'ailleurs le Concorde n'a jamais été un véritable succès sur le plan industriel. A peine 20 appareils ont été produits et 14 utilisés en vols commerciaux (les 6 autres ont servi au développement). Il y a certes une association britannique de vieux fans du Concorde qui lève des fonds pour le remettre en service (ils ont récolté 40 millions de livres pour un projet qu'ils estiment à 120 millions), mais il s'agit d'une démarche de nostalgiques pas d'un nouveau projet.

D'ici quelques années, la donne pourrait néanmoins changer. Outre De jeunes sociétés aéronautiques (ainsi que les grosses comme Lockheed-Martin ou Airbus) ont dans leur carton des projets de "nouveaux Concorde". Il s'agit pour certaines de jets privés mais certains constructeurs ne désespèrent pas de faire voyager des centaines de passagers à plus de 1.500 km/h entre deux continents. Airbus a même imaginé un modèle qui pourrait atteindre la vitesse hallucinante de 5.500 km/h. Un très hypothétique projet pour lequel il n'a déposé que des brevets. Il faudra sans doute attendre encore longtemps pour voir voler ce projet de quasi science-fiction. Encore plus longtemps qu'un Paris-New York.

Frédéric Bianchi