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La mystérieuse disparition du nouveau propriétaire de l'aéroport de Toulouse

Mike Poon, le PDG du consortium à l'origine du rachat des 49,99% du capital de l'aéroport est porté disparu depuis plusieurs jours. Manuel Valls assure néanmoins que le fonctionnement de Toulouse Blagnac n'est en rien affecté par cet événement.

Mike Poon s'est-il évaporé dans la nature? Ce riche industriel chinois est porté disparu depuis plusieurs semaines. Selon des informations de la presse chinoise, cette disparition survenue à la mi-mai serait liée à des affaires de corruption auxquelles le dirigeant d'entreprise pourrait être mêlé.

Quels liens il y a-t-il entre Mike Poon et l'aéroport de Toulouse-Blagnac? L'industriel chinois est tout simplement le PDG de Friedmann Pacific Asset, l'un des deux fonds d'investissements chinois réunis dans le consortium Symbiose. Ce dernier a acquis en décembre dernier 49,99% du capital de l'aéroport pour 308 millions d'euros. Autrement dit, l'aéroport perd son propriétaire indirect.

Une disparition tournée en dérision par le collectif contre la privatisation de l'aéroport de Toulouse-Blagnac qui placarde des "avis de recherche" pour retrouver Mike Poon. 

La présidente du collectif, Chantal Beer-Demander, affirme au Figaro que "les suspicions de corruption devraient amener le gouvernement à publier le pacte d'actionnaires et le projet industriel pour l'aéroport. Elles doivent surtout conduire à renoncer à la privatisation de l'aéroport de Toulouse-Blagnac (…)".

Une revendication à laquelle Manuel Valls répond indirectement par la négative dans une interview donnée à La Dépêche du Midi ce jeudi 2 juillet. A la question "jugez-vous inquiétante" cette mystérieuse disparition, il répond "à aucun moment". "La société (le fonds d'investissement hongkongais Friedmann Pacific AM, dont M. Poon est le PDG, ndlr) concernée n'a que des liens indirects avec le consortium chinois qui a acquis une partie du capital de l'aéroport", avance Manuel Valls au quotidien régional.

"Par conséquent, ceci n'affecte en rien le fonctionnement de Toulouse-Blagnac", assure le Premier ministre, qui se rend ce jeudi à Toulouse avec le Premier ministre chinois Li Keqiang, au troisième et dernier jour de la visite de ce dernier en France. "L'Etat garde également les moyens de contrôle pour veiller à ce que les objectifs d'intérêt général soient respectés", souligne aussi le Premier ministre.

J.M. avec AFP