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La gestion du TGV épinglée par la Cour des comptes

Le TGV a beaucoup perdu en termes de rentabilité ces dernières années.

Le TGV a beaucoup perdu en termes de rentabilité ces dernières années. - Jean-François Monnier - AFP

Entre prévisions trop optimistes et pression politique omniprésente, la gabegie du train à grande vitesse se trouve dans le viseur des Sages.

Alors que la rentabilité du TGV fond comme neige au soleil, certaines voix s’élèvent pour fustiger la gestion d’un fleuron national en passe de devenir un véritable problème économique. C’est le cas de la Cour des comptes, via un rapport qu’a pu consulter vendredi 17 octobre le site Contexte, spécialisé dans les politiques publiques. La version définitive sera, elle, présentée jeudi 23 octobre.

Premier constat effectué par les Sages de la rue de Cambon : les prévisions de rentabilité sont beaucoup trop optimistes. Selon Contexte, le rapport note que sur six liaisons à grande vitesse, aucune n’atteint les objectifs annoncés. A titre d’exemple, la rentabilité de la LGV Nord atteint 3%, alors qu’un taux de 12,9% était prévu. Une tendance qui pourrait d’ailleurs se poursuivre selon la Cour, pour qui l’étude portant sur la ligne Poitiers-Limoges "exagère significativement le niveau des trafics". Le tout pour une rentabilité estimée à 3,3% par Réseau ferré de France (RFF) dans le meilleur des cas.

Les élus locaux pointés du doigt

Les élus locaux sont également pointés du doigt par la Cour des comptes qui "constate que les annonces politiques, à haut niveau, confortent solidement les projets avant même que soient menées à bien les phases préliminaires". L’institution prend exemple sur la ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux, pour laquelle la recherche de financements a commencé "douze ans après le lancement des études et seulement quatre ans environ avant le début des travaux".

L'Etat et l'Europe également responsables

L’Etat se trouve également dans le viseur des Sages. Selon les auteurs du rapport, il perdrait en effet de vue l’objectif principal de la grande vitesse, à savoir relier de grandes villes entre elles en moins de trois heures. Or, afin de dynamiser les territoires, le TGV dessert 230 gares en France, soit le total le plus élevé en Europe. En outre, l’Union européenne a aussi le droit à sa part de critiques, puisqu’elle soutiendrait des projets à faible rentabilité, comme la ligne Lyon-Turin.

Enfin, les Sages appellent la SNCF à "restaurer la marge opérationnelle de l’activité grande vitesse", passée entre 2008 et 2013 de 29% à 12% du chiffre d’affaires. Le tout afin de ne pas voir " le transporteur national aborder l’inéluctable ouverture à la concurrence de son activité voyageurs dans une position de faiblesse préjudiciable à son avenir".

Y.D.