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La fusion Alstom-Siemens, "une occasion à ne pas manquer"

Joe Kaeser et Henri Pourpart-Lafarge

Joe Kaeser et Henri Pourpart-Lafarge - Thomas Samson / AFP

Lors de la conférence de presse des PDG d'Alstom et de Siemens au lendemain de l'officialisation de leur fusion, Henri Poupart-Lafarge, qui dirigera le nouvel ensemble, a déclaré: "Il n'y avait pas d'urgence absolue à la fusion, mais c'est une occasion que nous ne saurions manquer".

Les PDG d'Alstom et Siemens décryptaient devant la presse ce mercredi le pourquoi et le comment de leur mariage, au lendemain de la signature d'un protocole d'accord sur le rapprochement de leurs activités de mobilité. Un mariage approuvé à l'unanimité par les administrateurs des deux groupes.

"Il s'agit d'une fusion entre pairs", a martelé Joe Kaeser, PDG de Siemens, qui s'exprimait en premier. Il a affirmé que le nouveau groupe "conservera ses racines françaises et allemandes". Il a par ailleurs expliqué que la fusion serait "parachevée à la fin 2018".

"Depuis maintenant un certain temps, Siemens cherche le meilleur partenaire pour nos clients, l'Europe, et pour nos actionnaires. Alstom est le meilleur partenaire. Et aujourd'hui, le moment est propice", s'est-il enthousiasmé. Et alors que son homologue chez Alstom prendra la direction du nouvel ensemble, il a promis qu'Henri Poupart-Lafarge, serait "central, essentiel, [jouirait] de tout le soutien de Siemens", avant de lui laisser la parole.

Une fusion destinée "à créer de l'emploi"

Le PDG d'Alstom qui a lui aussi évoqué un "rapprochement idéal". Et de louer les synergies à venir. Grâce à ce mariage, "nous combinons les portées internationales de nos deux entreprises, et nous faisons progresser notre savoir-faire technique, numérique", a détaillé Henri Poupart-Lafarge. "Nous faisons se joindre deux entreprises prospères", qui jouissent d'une "grande complémentarité". Tant "du point de vue géographique, avec très peu de chevauchement sur nos différents marchés", que du point de vue produit, a affirmé le futur dirigeant de Siemens-Alstom.

Le PDG d'Alstom, qui a souvent déclaré que l'entreprise n'était pas pressée de trouver un partenaire, a rappelé qu'il "n'y avait pas d'urgence absolue à la fusion, mais c'est une occasion que nous ne saurions manquer, dont ont rêvé nos deux entreprises pendant très longtemps".

"À titre personnel, très conscient de l'histoire qui sous-tend ces deux entreprises, je suis particulièrement fier de mener ce groupe et tous nos employés vers la prochaine étape". D'ailleurs, alors que les deux groupes se sont engagés à ne procéder à aucune suppression de postes, Henri Pourpart-Lafarge a déclaré que "cette fusion est là pour créer de l'emploi, même si elle peut créer des appréhensions légitimes".

Les détails de la fusion

> L'État français, actuellement au conseil d'administration d'Alstom via des actions prêtées par Bouygues, "confirme mettre fin au prêt de titres au plus tard le 17 octobre 2017 et qu'il n'exercera pas les options d'achat données par Bouygues".

> Le groupe allemand entre au capital du français à hauteur de 50%.

> Alstom a obtenu, pour les quatre prochaines années, que le siège social soit localisé en France, ainsi que la recherche et développement, et qu'Henri Poupart-Lafarge reste directeur général.

> Les deux groupes s'engagent à ne procéder à aucune suppression d'emplois.

> Siemens aura six sièges au conseil d'administration. Quatre sièges iront à des indépendants dont trois à des Français et un ira à Henri Poupart-Lafarge. Pour les décisions stratégiques, Siemens aura besoin de huit voix.

> Ce nouvel ensemble deviendra le numéro 2 dans le transport ferroviaire et le numéro 1 dans la signalisation.

N.G.