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La commande d'Emirates offre au au moins dix ans de visibilité à l'Airbus A380

Tom Enders a informé  le conseil d'administration d'Airbus qu'il ne souhaitait pas briguer de troisième mandat à la tête de l'avionneur.

Tom Enders a informé le conseil d'administration d'Airbus qu'il ne souhaitait pas briguer de troisième mandat à la tête de l'avionneur. - Niklas Hallen - AFP

La commande de 36 A380 annoncée jeudi par Emirates constitue une véritable bouffée d'oxygène pour l'avionneur. Elle "nous donne une visibilité pour au moins les dix ans à venir" a déclaré Tom Enders, le PDG d'Airbus, dans une interview au JDD.

"Une excellente nouvelle". C'est ainsi que qualifie Tom Enders, le PDG d'Airbus, la commande de 36 A 380 annoncée en milieu de semaine par Emirates. Il y voit "un signe de confiance de la part d'une compagnie qui a bâti sa stratégie de croissance autour de cet avion", a-t-il expliqué au Journal du Dimanche. Elle "nous donne une visibilité pour au moins les dix ans à venir", a-t-il ajouté.

Pour Airbus, cette commande de 36 A380 pour un montant catalogue de 16 milliards de dollars constitue une véritable bouffée d'oxygène alors que l'avionneur avait prévenu lundi que sans elle, le programme A380 était menacé. "Très honnêtement, si nous n'arrivons pas à un accord avec Emirates, il n'y aura pas d'autre choix que d'arrêter le programme", avait déclaré le directeur commercial sortant, John Leahy, lors de la présentation lundi du bilan commercial 2017 du groupe.

Airbus mise sur de nouveaux clients chinois

Emirates, de loin la principale cliente du Super Jumbo, porte ainsi ses commandes d'A380 à 178 appareils dont une centaine a déjà été livrée.

Airbus espère qu'en pérennisant ainsi le programme pour les dix années à venir voire au-delà, des clients potentiels de l'A380 vont se décider à passer commande de l'appareil, en particulier en Chine.

Interrogé sur ses priorités jusqu'à son départ annoncé du groupe, en 2019, le PDG d'Airbus a indiqué que 2018 verrait la poursuite de "la montée en cadence de l'A320 et de l'A350, sans oublier le Beluga, qui est un symbole des efforts industriels qui sont devant nous". "Et nous continuons à mener des négociations avec les gouvernements pour mettre un terme à l'hémorragie que représente le programme A400 M", a ajouté Tom Enders.

Ce dernier, qui va avoir 60 ans cette année, a informé mi-décembre le conseil d'administration d'Airbus qu'il ne souhaitait pas briguer de troisième mandat à la tête de l'avionneur. "Au vu du nombre d'années que j'ai passées dans le groupe, ce que j'y ai accompli et le fait que j'ai aussi une vie personnelle, tourner la page était la meilleure chose à faire", a-t-il assuré au JDD.

Le numéro deux du groupe, Fabrice Brégier, doit quant à lui quitter Airbus le mois prochain. Il sera remplacé par le patron d'Airbus Helicopters, Guillaume Faury.

La rédaction avec AFP