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L'intersyndicale VTC suspend les discussions avec Uber sur les tarifs

L'intersyndicale VTC et Uber sont en négociations.

L'intersyndicale VTC et Uber sont en négociations. - Martin Bureau - AFP

L'intersyndicale VTC négocie avec Uber sur le sujet conflictuel des tarifs. Mais face à l'attitude du géant américain, elle a décidé de suspendre les discussions, pour parler avec le secrétaire d'État aux Transports.

L'intersyndicale VTC (CFDT, Actif-VTC et UDCF) a indiqué suspendre les négociations avec Uber. Après une première discussion avec la plateforme, le 15 mars, sur le sujet conflictuel des tarifs, les trois syndicats affirment être toujours dans l'attente de contre-propositions précises d'Uber à leurs revendications. Un mail d'Uber reçu mardi "ne répond en rien" à cette demande, "Uber cherche à nouveau à gagner du temps", écrivent les syndicats dans un communiqué.

L'intersyndicale "suspend toutes négociations avec Uber tant que des propositions concrètes en réponse aux attentes des chauffeurs n'auront pas été communiquées", poursuit-elle. Elle fustige "l'immaturité" de l'entreprise "à mettre en place un dialogue social constructif faisant avancer l'ensemble du secteur des VTC", estimant qu'Uber "porte l'entière responsabilité de l'échec des négociations".

"Être reçue dans les plus brefs délais"

L'intersyndicale indique par ailleurs avoir déjà pris contact avec le secrétaire d'État aux Transports "pour être reçue dans les plus brefs délais afin d'évoquer avec lui cet échec et commencer les discussions pour la mise en place d'un tarif minimum applicable au secteur". Une demande reçue favorablement par Alain Vidalies, secrétaire d'État aux Transports, qui recevra l'intersyndicale la semaine prochaine. La fixation par l'État d'un tarif minimum avait été recommandée début février par le médiateur chargé de déminer le conflit si des améliorations n'étaient pas apportées par les plateformes.

Deux autres organisations, Capa-VTC et SCP-VTC/Unsa, avaient acté l'échec des discussions dès le 15 mars.

Associations et syndicats de VTC dénoncent depuis plusieurs mois la dégradation des revenus des chauffeurs, rejetant la responsabilité de cette situation sur Uber, numéro un de la mise en relation électronique entre clients et chauffeurs. La médiation menée en janvier à la demande du gouvernement avait permis d'ouvrir un début de dialogue entre chauffeurs et plateformes, Uber s'engageant notamment à aider financièrement les VTC en difficulté et revoir les conditions de déconnexions.

D. L. avec AFP