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L'État offre une appli aux taxis pour contrer Uber

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- - Le.Taxi

Pour aider les taxis à se défendre contre les VTC, l’Etat a développé un service inédit. Une appli à la Uber pour géolocaliser les voitures, payer et même donner une note au chauffeur pour la qualité de son service. Du jamais vu!

Face aux VTC en général et à Uber en particulier, les taxis ont du mal. Même avec les services lancés par les différentes compagnies (G7, Taxis bleus…), difficile pour tous les chauffeurs, surtout les indépendants, d’être autant remarqués que ces nouveaux concurrents tous dotés d’une appli de géolocalisation.

Ce point a fait l’objet d’une disposition particulière dans le rapport Thévenoud, devenu loi en octobre 2014, qui proposait de créer un "registre de disponibilité des taxis". Cette proposition prend enfin forme avec "Le.taxi", une plateforme présentée ce samedi 17 octobre par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve et la secrétaire d'État chargée de la Réforme de l'État et de la Simplification, Clotilde Valter.

Connecté au registre des taxis, le service donne accès à l’ensemble des professionnels en France, soit 50.000 chauffeurs. Et cela, qu’ils se trouvent dans les grandes agglomérations ou les petites communes. Le client pourra donc savoir si des voitures se trouvent à proximité, et, grande nouveauté, d’évaluer la qualité du service fourni.

Ce service n’est pas le fruit d’une startup. Il a été développé par les services de l'État (Délégation à la Sécurité et à la Circulation Routières et le Secrétariat Général pour la Modernisation de l’Action Publique) en collaboration avec les professionnels du taxi. On ne connaît pas le budget qu’il a nécessité. L'application est actuellement en version bêta pour les tests, et sera déployée graduellement en France dès la fin de l’année.

Utilisation à la demande et données presque Open

Sur les 50.000 taxis, combien de chauffeurs l’adopteront? Difficile à savoir, mais l’État fait son possible pour séduire le plus grand nombre. Tout d’abord, elle n’est pas obligatoire. Mais surtout, ceux qui l’adopteront auront la possibilité de la désactiver à leur convenance. Pour protéger leur vie privée? Pas vraiment puisque les données resteront anonymes.

A moins que l'idée soit de ne pas donner l’impression aux chauffeurs d'être surveillés par Bercy. En effet, ces informations pourraient permettre de déduire les revenus des taxis. En France, les compteurs horokilométriques qui affichent le montant de la course ne sont pas reliés aux services d’Etat comme le sont, en autres, les taxis berlinois.

L’autre point délicat concerne les données. Elles seront accessibles via l’open data pour créer des services à valeur ajoutée puisqu’elles indiqueront les zones les plus achalandées et les heures les plus actives. Par contre, comme le souligne Numerama, ces informations ne seront accessibles qu’aux membres de la profession.

Les éditeurs d'applis pourront l'intégrer dans leurs services. "Ces nouveaux usages sur mobile vont naturellement augmenter le volume de courses reçues", expliquent les responsables du projet. "Le.Taxi permet donc à la profession de se hisser au même niveau que les acteurs majeurs du VTC. Aujourd’hui Google Maps ne permet de contacter qu’un… véhicule Uber."

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco