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"Je sens une main sur mes fesses": Héléna, 16 ans, raconte l'agression qu'elle a subi dans le métro parisien

La RATP a mis en place une ligne directe, le 3117, pour permettre aux victimes de signaler les agressions.

Vendredi, aux alentours de 18h30, Helena, une adolescente de 16 ans prend le métro à la station Villiers, dans le 8e arrondissement de Paris. Cette élève en première école de cuisine est alors victime d'une agression sexuelle.

"Je sens une main sur mes fesses. Je me dis que c'est mon sac et je n'y prête pas attention", raconte-t-elle sur notre antenne. "Mais la main est allée plus loin que mes fesses... Je me suis retournée et j'ai giflé l'homme."

L'individu recule alors de quelques mètres avant d'interpeller de nouveau la jeune femme. Il sort son sexe et se masturbe devant elle. Cette dernière sort alors son téléphone et filme la scène. 

"J'étais choquée", réagit-elle. Et de déplorer: "on a peur de mettre une jupe, on a peur de mettre un décolleté. On ne peut pas s'habiller normalement car on se dit qu'il y aura des hommes qui vont nous regarder avec un regard vicieux ou malsain."

"Inaction" de la RATP

"La région Ile-de-France, Ile-de-France mobilités et la RATP auraient tout à fait les moyens de mettre plus d'agents et d'agentes à disposition et de les former en cas d'agression sexuelle. Ils auraient les moyens de faire une nouvelle campagne de prévention", déplore Anaïs Leleux, militante féministe et créatrice du hashtag #Balancetonmétro. Il y a quelques mois, elle avait ainsi incité les victimes de harcèlement dans les transports à témoigner sur les réseaux sociaux et avait assigné la RATP en justice pour "inaction".

La RATP affirme de son côté avoir renforcé son dispositif de lutte contre les agressions sexuelles. Une ligne directe, le 3117 a été mis en place pour permettre aux victimes de signaler les agressions.

Au moins 267.000 personnes, "essentiellement des femmes", ont subi des harcèlements ou des agressions à caractère sexuel en 2014 et 2015 dans les transports en commun, estimait l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) dans un rapport publié fin 2017.

Cyrielle Cabot