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Jacques Aschenbroich (Valeo): "nous croyons dans la base industrielle française"

Jacques Aschenbroich compte notamment construire six nouvelles usines dans les deux années à venir.

Jacques Aschenbroich compte notamment construire six nouvelles usines dans les deux années à venir. - -

Le directeur général de Valeo était l'invité de BFM Business, ce vendredi 21 février. Il est revenu sur les perspectives de son groupe et a notamment plaidé pour que le gouvernement baisse les charges des entreprises.

Valeo se porte bien. Les résultats financiers de l'entreprise, publiés jeudi 20 février, font état d'un bénéfice net en hausse de 18% à 439 millions d'euros, malgré un effet de change défavorable. Le marché a salué ces bons chiffres: ce vendredi 21 février, le titre Valeo gagnait 12,38% à mi-séance à la Bourse.

La bonne santé de l'équipementier automobile tranche avec celle de l'ensemble du secteur qui semble plus convalescent. Mais, pour Jacques Aschenbroich, le directeur général de Valeo invité ce vendredi 21 février de BFM Business, "il ne faut pas chercher l'erreur et regarder à partir du seul prisme français". "La rentabilité des groupes automobile et celle des équipementiers n'a jamais été aussi bonne que ces dernières années", a-t-il avancé.

Il a reconnu que "nous avons tous énormément souffert pendant la crise de 2008-2009". "Mais il y a eu de très profondes remises en cause et une croissance retrouvée pour la plupart des acteurs", a-t-il ajouté. Avant de nuancer son propos: ''il est vrai que cela a été plus difficile pour les entreprises piégées par le marché européen, qui ne profite pas de la croissance extraordinaire en Asie ou en Amérique du Nord".

"Enormément d'opportunité de croissance dans le monde"

La force de Valeo est d'aller chercher la croissance, et "il y a énormément d'opportunités de croissance dans le monde", dixit Jacques Aschenbroich. Ce dernier a indiqué que la croissance de son groupe en Chine, au dernier trimestre 2013, a été de 55%. "Nous avons donc été capables de surmultiplier cette croissance et, grâce à nos bons produits, nous avons aussi une forte croissance en Europe de plus de 7%. Pour nous, la production en Europe est la clef et nous l'optimisons", a-t-il analysé.

Pour assurer cette croissance, Valeo devoir investir. Jacques Aschenbroich a ainsi rappelé que l'entreprise va construire six nouvelles usines, dont quatre en Chine, dans les deux prochaines années. Sans pour autant délaisser l'Hexagone. "Nous investissons, en France, deux fois plus que nos amortissements, ce qui veut dire que nous croyons dans la base industrielle française", a-t-il affirmé.

"La France représente 50% de nos charges"

Revenant ensuite sur le pacte de responsabilité et l'avenir du crédit d'impôt compétitivité et emploi, il a estimé qu'"il faut baisser la dépense publique et diminuer aussi les charges sur les entreprises". Avant de s'appuyer sur des chiffres: "la France représente 19% de nos effectifs, 23% de notre chiffre d'affaires, 33% des salaires que l'on paye dans le monde mais surtout 50% des charges, ce n'est pas tenable!".

Il préfère ainsi que le Cice soit totalement remplacé par une baisse de charges: "nous avons des salaires élevés or le Cice privilégie les bas salaires", explique-t-il pour justifier ce choix.

J.M.