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Incroyable mais vrai, DHL a plombé la Poste allemande

L’échec d’un projet de modernisation informatique chez DLH a contraint Deutsche Post, sa maison mère, à passer une perte exceptionnelle massive, affectant ses résultats.

L’échec d’un projet de modernisation informatique chez DLH a contraint Deutsche Post, sa maison mère, à passer une perte exceptionnelle massive, affectant ses résultats. - Deutsche Post-DHL

Deutsche Post DHL a été contraint de passer dans ses comptes trimestriels une charge de 345 millions d'euros. Elle tire un trait sur un projet de modernisation informatique ayant échoué dans sa filiale, le coursier DHL.

Un projet informatique raté, cela peut coûter très, très cher. La Poste allemande l'a appris à ses dépens.

La présentation de ses résultats sur les neuf premiers mois de 2015 a été marquée par un résultat en baisse de 70%. Cette chute spectaculaire est due, a expliqué la direction de Deutsche Bundespost DHL, à une charge exceptionnelle de 345 millions d'euros, relatif à un vaste projet informatique dont le déploiement dans sa filiale de transport et logistique, DHL, a été passé par pertes et profits. 

Sur ce montant faramineux, 308 millions correspondent à l’annulation du projet lui-même, qui est jeté à la poubelle. Cette charge inclut l'ensemble des dépenses en logiciel et en services engagés par la Poste pour ce système informatique qui ne fonctionnera jamais.

S’y ajoutent 37 millions de provisions que DHL a programmé pour arrêter le système informatique dans les pays pilotes, où il avait commencé à être déployé.

IBM en tant que prestataire, est mis en cause

Le nouveau système informatique devait être mis en service au sein de l'activité DHL Global Forwarding. Deutsche Post s'est bien gardé de dévoiler publiquement le nom de ses fournisseurs et prestataires informatiques mis en cause sur ce projet. Il précise "poursuivre ses discussion avec les fournisseurs", y compris le partenaire en charge de la mise en oeuvre du projet avorté, pour qu'ils puissent "remplir ses obligations contractuelles".

Les noms des fournisseurs en cause est un secret de Polichinelle puisqu'il s'agit de SAP pour les logiciels et d'IBM, retenu comme société de services informatiques pour la mise en oeuvre du projet.

Le géant informatique américain s'était prévalu publiquement sur son site Internet, en 2013, du bon état d'avancement du projet informatique chez DHL Global Forwarding, finalement avorté deux ans plus tard.

Frédéric Bergé