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Grève SNCF : un service minimum trop minimum ?

Seuls 4 trains sur 10 circuleront pour les TGV et les TER ce jeudi.

Seuls 4 trains sur 10 circuleront pour les TGV et les TER ce jeudi. - -

Ça va bloquer, ce jeudi, dans les gares. 4 trains sur 10 en moyenne sur les lignes TGV et TER, et le trafic RER sera très perturbé en raison d’une grève du personnel. Certains demandent un renforcement du service minimum avec des obligations de résultats.

Alors que le trafic aérien revient doucement à la normale ce jeudi, ça coince sur les rails. Les syndicats représentatifs CGT, Unsa, Sud-Rail et CFDT, hostiles au projet de réforme ferroviaire du gouvernement, ont appelé à faire grève depuis hier mercredi 19h et jusqu'à demain, 8 heures. La SNCF s'attend à la circulation de 4 trains sur 10 en moyenne sur les lignes TGV et TER. En Ile-de-France, le trafic sera également très perturbé. Avec 1 train sur 3 sur les lignes B et D du RER. Et 1 train sur 2 pour les lignes C et E. Seule la ligne A sera épargnée, avec un trafic proche de la normale.

500 000 tracts distribués

Pour faire face, la SNCF annonce avoir mis en place un plan massif d'information, notamment via son site Internet et un affichage en gare. En outre, un million de mails doivent être envoyés aux clients abonnés et 500 000 tracts distribués pour faire état du trafic. Des « gilets rouges » doivent également être mobilisés en nombre pour « aller au contact des clients » dans les gares.
Ces mesures sont, entre autres, permises par la loi sur le service minimum, instaurée en août 2007. Elle oblige les salariés à indiquer 48h à l'avance à leur entreprise leur intention de faire grève afin de permettre à la direction de connaître le nombre exact de salariés sur lesquels elle pourra compter. Aujourd’hui, certains demandent de renforcer le texte.

« Mettre davantage la pression sur les entreprises »

Hervé Mariton par exemple, le député UMP de la Drôme, souhaite aller plus loin. « Je pense qu’on peut être un peu plus exigeant en termes de délai pour prévenir qu’on fait grève, je pense surtout qu’on doit être plus exigeant à l’égard des opérateurs. Une mesure pour mettre davantage la pression sur les entreprises serait par exemple de dire qu’elles doivent assurer un service à hauteur minimum de 50%. La SNCF a obligation d’information, les grévistes ont l’obligation d’informer, tout ça est fort utile, mais il faut passer de l’obligation de moyens à l’obligation de résultats, car ce que veut le client de la SNCF, c’est être sûr d’avoir un train ».

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« Quand il y en a assez, il y en a assez »

Pourtant, renforcer le texte ne servirait à rien, estime Gilbert Garrel, secrétaire général de la fédération CGT-Cheminots. « Vous pouvez durcir tant que vous le voulez, quand les contrôleurs se font agresser et que les cheminots en ont assez de travailler dans des conditions insupportables, ils posent le sac. Ils ne regardent pas s’ils sont dans le cadre de la loi ou non, quand il y en a assez, il y en a assez. Ce n’est pas en durcissant la loi, en fliquant les cheminots, ou en mettant un cadre qui les contraint de faire grève qu’on va réduire la conflictualité à la SNCF. C’est par un vrai dialogue social ».

Mathias Chaillot avec B. Smadja et C. Bordet