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Ferrari démarre sur les chapeaux de roues à Wall Street

La marque au cheval cabré a fait une entrée tonitruante à Wall Street ce mercredi 21 octobre. Introduite à 60 dollars par titre, l'action s'est envolée de 15% dans les tous premiers échanges.

C'est une légende qui a fait ses premiers pas à Wall Street ce mercredi 21 octobre. Quelques minutes après l'introduction en Bourse de l'entreprise qui ne produit que 7.000 véhicules par an, le titre, coté à 60 dollars, prenait 15% sur le New York Stock Exchange. Signe que l'appétit des investisseurs pour le fleuron de l'automobile est on ne peut plus élevé.

Il faut dire que selon des sources proches du dossier citées par Bloomberg, la demande en action Ferrari avant même l'IPO excédait largement le nombre de titres offerts, c'est-à-dire 17,2 millions et qui ne représentent que 9% du capital du Ferrari.

C'est Sergio Marchionne, le président de Ferrari et patron de la maison-mère Fiat Chrysler, qui a sonné la cloche pour donner le coup d'envoi de la séance à Wall Street. Les premiers titres du groupe se sont échangés sous le symbole "RACE".

Une valorisation de plus de 10 milliards 

La valorisation de la marque au cheval cabré a de quoi impressionner. L'action a été cotée à 60 dollars, soit huit dollars de plus que le prix d'introduction fixé la veille, qui représentait déjà le haut de la fourchette attendue (48 à 52 dollars) et qui valorisait le groupe à 10 milliards de dollars. Une valorisation supérieure, par exemple, à celle d'un groupe comme Alstom en France. Pas mal pour un constructeur dont le nombre de véhicules produits ne dépasse pas les 7.000 unités par an, contre plus de 2,8 millions pour PSA.

Jusqu'à présent, Ferrari a toujours souhaité limiter sa production pour entretenir le culte de la rareté. La marque qui a longtemps été la plus puissante au monde, selon le cabinet Brand Finance, estime en effet que c'est là sa force.

Sergio Marchionne a toutefois porté un sérieux coup de canif à ce principe, il y a une semaine, en annonçant que la production pourrait progressivement être portée à 9.000 unités d'ici à 2019. Fiat Chrysler entend utiliser la manne tirée de cette introduction en Bourse pour financer un ambitieux plan de développement, prévoyant à terme 7 millions de voitures par an (soit 50% de plus qu'à l'heure actuelle), et dont le coût est évalué à 48 milliards de dollars.

Des craintes en Italie

Si cette entrée en Bourse marque une nouvelle étape importante dans l'histoire du groupe mythique fondé en 1947 par Enzo Ferrari, elle n'est pas sans susciter certaines inquiétudes en Italie. "J'espère que la cotation ne modifiera pas d'une virgule les caractéristiques de cette entreprise, qui est unique au monde", craint l'homme d'affaires Luca Cordero di Montezemolo, qui a dirigé le groupe pendant vingt ans avant d'être limogé fin 2014. L'ancien homme fort de Ferrari redoute ainsi que cette introduction ne constitue une démocratisation du constructeur qui l'amènerait à perdre sa valeur.

La cotation à New York a également fait grincer des dents dans le pays transalpin. Sergio Marchionne a néanmoins assuré que le groupe resterait résident fiscal en Italie et ne transférerait aucune activité aux Etats-Unis. Matteo Renzi, le chef du gouvernement italien est même monté au créneau pour apaiser les craintes en assurant avoir reçu "l'engagement de Sergio Marchionne que Ferrari sera aussi cotée à Milan dans un deuxième temps", même si cela ne devrait pas intervenir avant 2016

Julien Marion avec N.G. et agences