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En pleine guerre du taxi autonome, Uber fait les yeux doux à Google

Dara Khosrowshahi, CEO d’Uber, aimerait accueillir "à bras ouverts les voitures de Waymo sur [son] réseau"

Dara Khosrowshahi, CEO d’Uber, aimerait accueillir "à bras ouverts les voitures de Waymo sur [son] réseau" - Brendan Smialowski / AFP

Depuis l'accident de sa voiture autonome qui a fait un mort, les choses se compliquent pour Uber. Son patron a fait un appel du pied à Waymo, la filiale de Google, au moment où Softbank injecte 2,25 milliards de dollars pour aider General Motors à lancer un service d'autopartage sans chauffeur. De son côté, le chinois Didi Chuxing vient d'obtenir l'autorisation de faire des essais en Californie.

Face à l’alliance de General Motors et du fonds japonais Softbank, Uber joue une carte inattendue en lançant un cri d’amour à Waymo, la filiale de Google. Le message a été adressé publiquement par Dara Khosrowshahi, CEO d’Uber, lors de la Code Conférence qui s’est tenue le 31 mai en Californie. "J'accueillerais à bras ouverts les voitures de Waymo sur notre réseau", a lancé le successeur de Travis Kalanick.

Cet appel est d’autant plus osé qu’il y a seulement quelques semaines, les deux entreprises s’opposaient dans une bataille juridique. Travis Kalanick, fondateur d'Uber, était accusé d’avoir volé des technologies à la filiale de Google. Un nouveau chapitre vient de s’ouvrir entre elles.

Cette alliance peut avoir du sens. Uber dispose d’une force de frappe mondiale avec son logiciel de mise en relation entre chauffeurs et clients qui lui a permis de récolter des données stratégiques dans le monde entier. Mais surtout, l’accident mortel causé par l’une de ses voitures autonomes en mars dernier a mis cette activité au point mort.

Softbank dans le capital de GM Cruise

De son côté, Waymo dispose d’une avancée certaine dans la voiture autonome dont les modèles sont en test dans 25 villes américaines. Le groupe, qui est partenaire de Lyft, le principal concurrent d’Uber aux États-Unis, n’a pas encore répondu à cette invitation. La filiale d’Alphabet/Google a par contre annoncé la commande de 62.000 monospaces au groupe Fiat Chrysler (FCA) afin d’accélérer le lancement de son service de taxis sans chauffeur. En contrepartie de cette commande, FCA pourrait utiliser la technologie de Waymo pour équiper des voitures qui seront vendues au public.

Mais désormais, les services de taxis sans chauffeur attirent l’ensemble de l’industrie automobile qui mise dessus pour assurer son avenir. General Motors qui prépare un service d’autopartage, bénéficie désormais d’un budget de 2,25 milliards de dollars fourni par Softbank, via Vision Fund le fonds nippon-saoudien doté de 100 milliards de dollars, pour accélérer le lancement "à grande échelle" de la voiture autonome développée par sa filiale GM Cruise.

Dans cette bataille, les géants asiatiques ne sont pas en reste. Alors qu’Uber a cessé les tests de ses voitures autonomes après l’accident mortel, Didi Chuxing, son concurrent chinois, a obtenu l'autorisation du Department of Motor Vehicles (DMV) pour mener des essais en Californie. En décembre dernier, le groupe a réussi une levée de 4 milliards de dollars pour financer ce projet. Selon TechCrunch SoftBank et le fonds d’Abu Dhabi, Mubadala Capital, ont participé à l’opération. Didi est également partenaire de Lyft aux États-Unis et de Taxify en Europe qui est désormais appuyé par Daimler.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco