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Dyson explique pourquoi il veut lancer une voiture (et pourquoi il ne veut pas la montrer)

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Après l'avoir longtemps démenti, Dyson va bien lancer une voiture électrique. Le fondateur de la société d'aspirateurs explique qu'une équipe de 400 personnes travaille sur le projet, pour un lancement prévu en 2020.

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il ne manque pas d'inspiration. Après les aspirateurs, les ventilateurs, les sèche-mains et autres sèche-cheveux, James Dyson s'apprête cette fois à lancer une voiture électrique. L'inventeur britannique vient d'annoncer ce mardi que son entreprise investissait 2 milliards de livres (2,3 milliards d'euros) pour lancer une voiture électrique d'ici à 2020. La rumeur courait depuis plusieurs mois et la divulgation du secret par le gouvernement britannique mais elle était jusqu'à présent démentie par l'intéressé, qui s'en explique.

"Il y a deux ans et demi, j'ai commencé à développer une voiture", a expliqué James Dyson devant des journalistes à Londres. Il a constitué une équipe de 400 ingénieurs qui travaillent sur ce projet, pour lequel son entreprise va investir un milliard de livres pour développer la batterie et un autre milliard pour la voiture proprement dite.

Du diesel à l'électrique

Cet ambitieux projet, mené dans le plus grand secret jusqu'à présent, s'appuie sur "des spécialistes de Dyson et des experts de l'industrie automobile", a précisé James Dyson dans un communiqué. L'entreprise qu'il a fondée et qu'il dirige recrute "de façon vigoureuse" des talents susceptibles de l'aider à sortir un véhicule électrique de son cru, non polluant. Une équipe de 400 personnes travaille actuellement sur le projet.

Car le véhicule est l'obsession de l'inventeur britannique depuis plusieurs décennies. En 1990 déjà, Dyson avait travaillé sur un concept de pot pour moteurs diesel. 

"En 1988, j’ai lu un rapport de l’Institut National Américain pour la sécurité et la santé au travail, reliant les émissions des véhicules diesel à des décès prématurés de rats et souris de laboratoire. En mars 1990, une petite équipe d’ingénieurs Dyson a commencé à développer des filtres cycloniques pouvant être fixés sur les pots d’échappement afin de retenir les particules nocives."

Un projet qui n'aboutira pas malgré trois ans de travaux, aucun industriel du secteur ne se montrant intéressé par le projet. Il faut dire qu'à l'époque, Dyson n'était pas le même géant industriel à l'origine de succès mondiaux dans le monde de l'électroménager. Désormais, la marque est connue mondialement et le gouvernement britannique est bien décidé à l'aider à développer son véhicule électrique. En 2016, la Grande-Bretagne a en effet annoncé un investissement de 174 millions de livres (220 millions d'euros) dans l'usine de Malmesbury de Dyson. Maintenant public, "ce projet va croître rapidement", assure le patron du groupe d'électroménager qui prévoit une sortie d'ici 2020.

Mais à quoi va-t-elle ressembler?

Achèteriez-vous une voiture chez un fabricant d'aspirateur? C'est en tout cas ce qu'espère James Dyson qui se lance dans une périlleuse aventure. Même si elle croît fortement (notamment en Asie), la société n'a réalisé que 2,5 milliards de livres (2,8 milliards d'euros) de chiffre d'affaires en 2016. L'investissement dans l'automobile représente donc 80% de ses ventes annuelles. 

C'est pour mettre toutes les chances de son côté que James Dyson reste très prudent. Alors que l'annonce d'un tel projet suscite la curiosité, le patron britannique indique que le véhicule restera secret le plus longtemps possible. "Le projet va s’intensifier à partir d’aujourd’hui mais nous n’allons révéler aucune information, indique James Dyson. L’industrie automobile est un milieu très concurrentiel et nous devons tout faire pour que notre travail reste absolument confidentiel."

Les autorités au Royaume-Uni ont récemment fait part de leur intention, comme en France, d'interdire la vente des voitures diesel ou essence sur leur marché d'ici à 2040.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco