BFM Business

Dieselgate: trois dirigeants de Volkswagen mis en examen

-

- - Odd ANDERSEN / AFP

Le groupe automobile allemand a sciemment retardé la révélation des conséquences financières du scandale de triche aux émissions polluantes, estime le procureur de Brunswick. L'actuel président, tout comme son prédécesseur, sont donc mis en examen.

Volkswagen a-t-elle informé les investisseurs trop tard de la fraude aux émissions polluantes et de ses conséquences financières ? Le procureur de Brunswick vient de répondre par l'affirmative et a ordonné la mise en examen de trois dirigeants du plus grand groupe automobile du monde.

L'actuel président du directoire du constructeur allemand Herbert Diess, son président du Conseil de surveillance Hans Dieter Pötsch, ainsi que l'ancien président du directoire du groupe Martin Winterkorn, sont tous trois mis en accusation pour avoir "sciemment" informé "trop tard" les marchés financiers des conséquences financières du scandale et avoir ainsi "influencé le cours boursier" de Volkswagen, a indiqué le parquet de Brunswick dans un communiqué.

Les faits remontent à septembre 2015, quand Hans Dieter Pötsch était le directeur financier du groupe aux douze marques et alors que son PDG d'alors, Martin Winterkorn, avait reconnu la manipulation de véhicules diesel aux Etats-Unis et dans le monde dans le but d'afficher des niveaux d'émission polluante inférieurs à la réalité.

Une facture à 30 milliards de dollars

Cela avait immédiatement entraîné une forte baisse du cours de l'action Volkswagen avec des pertes énormes à la clé pour des milliers de petits et gros porteurs du titre. 

Cette annonce est une énième répercussion de du dieselgate qui affecte l'entreprise depuis 2015. Selon Reuters, le scandale aurait déjà coûté près de 30 milliards de dollars (25,7 milliards d'euros) au groupe, qui avait encore provisionné 5,5 milliards d'euros en début d'année pour couvrir d’éventuelles nouvelles conséquences. Après la révélation de la fraude, Volkswagen avait reconnu avoir trafiqué les émissions polluantes de onze millions de véhicules dans le monde.

En Bourse, l'action du constructeur allemand a immédiatement chuté à l'annonce des mises examen, perdant 2,68% à 12h30 (heure de Paris).

Thomas Leroy avec l'AFP