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Des compagnies déplorent l'attente et des perturbations à la sécurité d'Orly

Le patron d'Air Caraïbes estime que le temps d'attente aux contrôles à Orly-Sud a atteint "un niveau extrêmement critique".

Le patron d'Air Caraïbes estime que le temps d'attente aux contrôles à Orly-Sud a atteint "un niveau extrêmement critique". - Ståle Holten - Flickr - CC

Le patron d'Air Caraïbes a dénoncé ce vendredi les délais d'attente aux contrôles d'immigration à Orly-Sud. Transavia et sa maison-mère Air France ont constaté les mêmes faits.

Le président de la compagnie aérienne Air Caraïbes, Marc Rochet, a affirmé vendredi que les délais d'attente aux contrôles de la police aux frontières (PAF) d'Orly-Sud ont atteint "un niveau extrêmement critique" depuis deux semaines, provoquant "de nombreux troubles à l'ordre public". "Depuis le 15 juin 2017, tous les jours ont connu un temps d'attente supérieur à 60 minutes pour les passagers, dont neuf jours (au total) avec un temps d'attente aux contrôles supérieur à 90 minutes", a dénoncé Marc Rochet dans un communiqué.

"En cette période estivale de fortes affluences, la situation (atteint) un niveau extrêmement critique générant des perturbations aux conséquences alarmantes", a-t-il ajouté, évoquant notamment un ensemble de "320 heures de retard pour l'ensemble des vols internationaux" au départ du terminal sud de l'aéroport d'Orly.

Mouvements de foule et des débuts d'émeute

Surtout, le patron d'Air Caraïbes fait état de "nombreux troubles à l'ordre public tels que des mouvements de foule et des débuts d'émeute de passagers excédés d'être cantonnés dans les zones d'attente". "Il arrive que les gens s'impatientent, mais de là à parler d'émeutes...", a nuancé une source aéroportuaire.

"À un moment, la police a dû intervenir pour faire respecter les espaces de confidentialité, délimités par une ligne jaune" car "les gens poussent et se bousculent", a confirmé une autre source proche du dossier, déplorant certains "comportements incorrects" et une tendance à "arriver de plus en plus au dernier moment, avec l'enregistrement en ligne".

Arrivée 3 heures avant décollage

La compagnie Transavia, dont les avions sont aussi basés à Orly-Sud "a constaté le même problème de retards" et demande à ses passagers d'arriver à l'aéroport deux à trois heures avant le décollage, a indiqué un porte-parole. Une consigne également diffusée par sa maison mère Air France, dont les vols à Orly partent du terminal Ouest, mais qui reconnaît que "l'encombrement récurrent des filtres de police des aéroports parisiens est un sujet majeur en cette période de grands départs".

"Il y a énormément de monde, c'est certain, et des contrôles à faire, mais on est au maximum des effectifs déployés, on ne peut pas faire plus", a expliqué la source aéroportuaire. "On ne peut pas ouvrir les avions à tout le monde, sans filtre", a estimé l'autre source proche du dossier, pointant la hausse continue du trafic à Orly, passé de 25 millions de passagers en 2009 à 32 millions attendus cette année, quand le nombre de vols reste plafonné à 250.000 par an.

"Besoins en effectifs supplémentaires de fonctionnaires"

Marc Rochet a alerté jeudi par courrier le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, dont il "sollicite l'intervention", rappelant au passage "les besoins en effectifs supplémentaires de fonctionnaires" et la préférence des compagnies aériennes pour les "dispositifs automatisés à reconnaissance faciale", tels que les sas de contrôle des passeports Parafe.

Le groupe ADP, gestionnaire des aéroports parisiens, signale qu'il "a décidé de financer à 100% autant de sas Parafe que nécessaire pour aider à la résolution du problème". Toutefois, "il s'agit d'une compétence exclusive de l'État", auprès duquel ADP "fait le maximum d'efforts pour faire valider le passage à la technique de reconnaissance faciale, qui permettra de multiplier par huit" le nombre de contrôles automatiques.

N.G. avec AFP