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Vinci se prépare à la privatisation de Roissy et d’Orly

Le groupe veut racheter les 51% que détient l’État dans les Aéroports de Paris. Le cours de Bourse d’ADP ne cesse de progresser sous l’effet de la spéculation.

Selon l’agence Bloomberg, le groupe Vinci a mandaté des banques pour étudier un scénario de rachat des Aéroports de Paris (ADP). Le groupe de BTP et d’infrastructures se prépare en réalité à la privatisation très attendue de Roissy et d’Orly, dont l’État détient 51%. Une vente sur laquelle les marchés spéculent puisque le cours de Bourse d’ADP a progressé de 15% depuis l’élection d’Emmanuel Macron et de 50% depuis le début de l’année!

Depuis plusieurs années, Vinci souhaite prendre le contrôle des aéroports de Paris. En 2013, le groupe avait racheté 4,7% du capital d'ADP à l’État qui avait réduit sa participation de 60% à 51%. Il n’a jamais caché qu’il serait un candidat naturel en cas de privatisation.

Une privatisation inévitable

Celle-ci semble inévitable. Lorsqu’il était ministre de l’Économie, Emmanuel Macron avait privatisé les aéroports de Toulouse, Lyon et Nice pour 2 milliards d’euros. Surtout, il avait tenté de privatiser ceux de Paris en 2015. Il avait souhaité introduire cette opération dans la "loi Macron" car l’opération nécessite un changement législatif. Finalement, le Premier ministre Manuel Valls s’y était opposé. Fin 2016, Bercy avait aussi étudié la possibilité de vendre 25% du groupe, soit la moitié de ses parts, à la Caisse des Dépôts, ce qui lui aurait permis de ne pas modifier la loi. Au sein du groupe qui gère Roissy et Orly, on s’attend sans nul doute à ce que cette opération soit menée durant le quinquennat.

Reste une question: l’État vendra-t-il toute sa participation de 51% dans ADP ou seulement un bloc? Une décision qui devra aussi prendre en compte une deuxième problématique: l’avenir des Néerlandais de l’aéroport de Schiphol (Amsterdam) qui détiennent 8% d’ADP, soit autant que Vinci.

Matthieu Pechberty