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Dans le viseur de la justice américaine, Volkswagen se prend un gadin en Bourse

Le constructeur allemand souffrait en Bourse à l'ouverture à Francfort, ce lundi 21 septembre, après la révélation de possibles tricheries vis-vis de la loi antipollution aux Etats-Unis de la part du groupe.

Volkswagen à la peine en Bourse ce lundi 21 septembre. L'action du constructeur allemand perdait 20% à l'ouverture, à la Bourse de Francfort, vers 10h54. En cause les révélations portées vendredi par l'agence américaine pour l'environnement (EPA).

Cette dernière a accusé le groupe allemand d'avoir triché, en équipant certaines voitures d'une technologie leur permettant de dissimuler le niveau réel des émissions de certains gaz polluants. Volkswagen risque potentiellement une amende pouvant aller jusqu'à 18 milliards de dollars (soit environ 16 milliards d'euros) ce qui représenterait environ 1,5 fois son bénéfice de 2014 (10,9 milliards d'euros).

Ce qui a poussé le PDG du constructeur automobile, dimanche, à déclarer qu'il "regrettait personnellement, et profondément, que nous ayons déçu la confiance de nos clients et du public". Il a au passage promis que l'entreprise coopérera pour faire la lumière sur les faits reprochés et a en conséquence commandé une enquête externe. De son côté, le gouvernement allemand a fait savoir qu'il voulait pouvoir vérifier qu'il n'y avait pas eu de tricherie.

"Cela tombe très mal pour Volkswagen"

La bonne volonté du groupe n'a visiblement pas suffi à convaincre les investisseurs, le cours de Bourse de la valeur étant littéralement broyé. "Tout le monde va dans le même sens, c'est une surréaction. Volkswagen est solide et l’amende finale après négociations ne devrait entraîner la faillite du groupe", nuance Pierre Bergeron, analyste automobile chez Société générale CIB. "Il s'agit d'un point d'entrée, il y a des chances pour que le baisse soit moins forte au cours de la journée", ajoute-t-il.

Il relativise par ailleurs l'amende de 18 milliards de dollars à laquelle le groupe pourrait faire face, en reconnaissant toutefois que celle-ci est "significative". "18 milliards de dollars c'est 'le worst case scénario'. Il faut donc s'attendre à une amende moins élevée, il peut y avoir des renégociations. Mais cela sera de l'ordre de plusieurs milliards de dollars", estime-t-il.

Néanmoins, ce revers judiciaire vient s'ajouter aux problèmes que rencontre déjà Volkswagen. "Cela tombe très mal pour Volkswagen qui est déjà très mal aux Etats-Unis, avec une gamme qui n'est pas adaptée au marché, et des prix plus élevés. Par ailleurs, Volkswagen est en pleine révolution de structure avec un nouveau président du conseil de surveillance", explique ainsi Pierre Bergeron.

Ce qui risque de se traduire par des décisions fortes du côté de Wolfsburg, lieu du siège de l'entreprise. Selon le magazine allemand Manager Magazin, Volkswagen cesserait ainsi de commercialiser des modèles diesel aux Etats-Unis.