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Daimler teste son camion sans chauffeur sur les terres de Google

Le Futur Truck 2025 sera l’une des vedettes d’un événement qui se tiendra sur le Las Vegas Motor Speedway

Le Futur Truck 2025 sera l’une des vedettes d’un événement qui se tiendra sur le Las Vegas Motor Speedway - Daimler

Après des premiers tests en Europe, Daimler va dévoiler le potentiel de son camion autonome sur les routes du Nevada. Cet engin atteint une vitesse de croisière de 85 km/h sans intervention humaine.

Google rêve d'imposer sa voiture autonome. Pour les camions, Daimler, le plus grand constructeur mondial de poids-lourds avec des marques comme Mercedes-Benz ou Fuso, tient à tout prix à conserver sa place de leader. Pour cela, il veut mener lui-même sa révolution technologique. Le virage est plutôt bien pris comme le révèle la presse allemande.

Après des premiers tests sur une portion d’autoroute en Allemagne, le groupe est sur le point de lancer son engin autonome sur les routes américaines. Le gouverneur du Nevada a ouvert une voie sur laquelle le constructeur pourra mener des essais en grandeur nature jusqu’à Las Vegas, où le "Futur Truck 2025" -c’est son nom- sera l’une des vedettes d’un événement qui se tiendra sur le Las Vegas Motor Speedway, cette piste où les bolides les plus rapides ont fait vibrer le bitume et le public.

Ce poids-lourds futuriste n’a pas besoin de pilote pour aller d’un point à un autre. Il se dirige, freine, avance, évite les obstacle grâce à HighWay Pilot, une technologie mis au point Daimler. Elle se compose de capteurs de proximité et de caméras 3D permettant au camion de s’insérer dans la circulation. Il dispose aussi d’un système de communication WiFi pour recevoir en temps réel les données sur la circulation, la topographie et l’état des routes.

Lors des premiers essais en Europe, ce système a permis au prototype d'atteindre une vitesse de croisière de 85 km/h sans aucune intervention du chauffeur, qui était néanmoins présent dans la cabine. Cette présence humaine est nécessaire pour prendre en main les commandes en cas d’urgence ou de dépassement, qui reste l’une des rares initiatives qu’un humain peut prendre. Selon le directeur de la division camion, outre une sécurité accrue par rapport à la conduite humaine, la conduite autonome permet d'économiser jusqu'à 5% de carburant.

Daimler, Scania et Volvo au coude à coude

Pour Wolfgang Bernhard, membre du directoire de Daimler, c’est un événement d’autant plus important qu’il se déroule aux Etats-Unis. "Vous avez besoin de rêves!" a-t-il affirmé à ses interlocuteurs. Toutefois, le camion ne roulera pas aux couleurs de Daimler, mais de sa filiale Freightliner, le plus important constructeur de poids lourds aux Etats-Unis.

Le but du géant allemand est clair. Il s’agit de devenir le leader du marché des véhicules utilitaires autonomes dès 2025, date à laquelle il prévoit que le camion n'aura plus du tout besoin de conducteurs. Ce n’est pas seulement une question d’image. "Nous souhaitons devenir le premier constructeur sur ce segment à l’avenir, car nous y voyons une source de chiffre d’affaires et de bénéfices potentiels considérable".

Daimler n’est pas le seul à avoir cette ambition. Scania, filiale à 100% de Volkswagen depuis 2014, n’est pas en reste. Sur les routes de Suède, le concurrent de Daimler a testé l’an dernier une technologie qui consiste à faire piloter par une seule personne un convoi de camions connectés entre eux.

Volvo Trucks suit la même voie avec le système SARTRE (Safe Road Trains for the Environment). En 2012, le constructeur suédois à fait rouler un convoi de trois camions conduit par un seul chauffeur. Ce train s’est déplacé sans problème sur 200 km en se tenant à 6 mètres de distance lors d’un test en Espagne.

Pascal Samama