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Cuvillier veut confier l’écotaxe aux régions

Frédéric Cuvillier affirme que l'Alsace et l'Aquitaine seraient prêtes à prendre en charge la gestion de l'écotaxe.

Frédéric Cuvillier affirme que l'Alsace et l'Aquitaine seraient prêtes à prendre en charge la gestion de l'écotaxe. - Bertrand Guay- AFP

L’ancien ministre des Transports veut éviter le gâchis de plusieurs milliards d’euros entrainé par l’abandon du dispositif. Selon lui, les collectivités territoriales sont prêtes  à prendre le relais de l’Etat, en échange d’une partie des recettes collectées.

La rupture du contrat avec Ecomouv, en charge de l'ecotaxe, actée par le gouvernement la semaine dernière, va coûter au bas mot deux milliards d’euros aux contribuables.

Frédéric Cuvillier, ancien ministre des Transports et maire PS de Boulogne-sur-Mer, a une solution pour éviter ce gâchis d’argent public qu’il qualifie de " scandale d’Etat", dans le JDD de ce 2 novembre.

"Puisque l'État n'est pas en mesure de le faire, je propose que les collectivités régionales et départementales assurent la mise en place du dispositif. Il peut encore être sauvé grâce à une vision régionalisée", prône Frédéric Cuvillier.

Malgré la fronde des bonnets rouges, il estime que le système a été accepté par les utilisateurs, les poids lourds. Selon lui, il serait donc dommage de "renoncer à une solution opérationnelle et intelligente".

Une sortie par le haut pour l'Etat

Les collectivités seraient prêtes à prendre en charge cette nouvelle compétence, il cite même l’Alsace et l’Aquitaine comme exemple. Quels seraient leurs intérêts ? "on renforce la capacité des collectivités à contribuer au financement de l'entretien de leur réseau, de leurs projets d'infrastructures et des contrats de plan qu'elles n'arrivent pas à boucler", justifie l’ancien ministre.

Naturellement, l’Etat resterait le seul à collecter le produit de la taxe. Mais une partie des recettes seraient reversées aux collectivités, qui "savent comment doivent être utilisées ces ressources pour l'investir dans leur territoire".

"Si vous donnez aux collectivités la possibilité de gérer elles-mêmes le dispositif, elles pourront exclure certains types de transit, comme les circuits courts, pour ne pas pénaliser les entreprises locales", détaille Frédéric Cuvillier. Et de citer pour illustrer ses propos, le cas de tronçons d’autoroutes gratuites en zone frontalière qui accueillent d’important flux provenant de poids lourds voulant éviter les taxes en court de l'autre côté du Rhin. "Ce système est vertueux et beaucoup plus pertinent qu'un dispositif national, qui, on l'a vu, ne marche pas", affirme Frédéric Cuvillier.

Et cet arrangement permettrait à l’Etat une sortie par le haut car il "a perdu sa crédibilité sous prétexte d'une prise d'otage politicienne du dispositif et d'un manque de maîtrise du dossier de la part de très hauts responsables".

C.C.