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Conflit avec les VTC: Uber prêt à faire des efforts, mais pas tout seul

Uber tente de trouver des solutions avec ses chauffeurs.

Uber tente de trouver des solutions avec ses chauffeurs. - Geoffroy van der Hasselt - AFP

La plateforme de VTC accepte de rogner ses marges ou augmenter ses tarifs auprès des consommateurs, à une condition : que le reste du secteur fasse de même.

Uber accepte de faire des efforts, mais selon ses conditions. "Nous sommes prêts à rogner nos marges et ou (sic) à augmenter nos tarifs auprès des consommateurs, à condition que tout le secteur suive. Pour l'heure, nous sommes les seuls à proposer cette démarche", assure Thibaud Simphal, directeur général pour l'Europe de l'Ouest, dans le numéro de janvier d'Altereco.

La plateforme de VTC (voitures de transport avec chauffeur) concentre depuis une semaine la grogne des chauffeurs, dont ils jugent les tarifs "indignes". Vendredi, ils ont notamment mené une opération escargot de Roissy à Paris et une cinquantaine de chauffeurs se sont mobilisés à Lyon. Les chauffeurs "sont libres de travailler avec nous, nos concurrents et de partir quand ils le souhaitent. (...) Tout ce qui nous permet de les retenir, c'est la rentabilité de leur activité avec nous et la fiabilité de notre application", souligne-t-il.

Selon Thibaud Simphal, "de nombreuses études (...) montrent que les chauffeurs gagnent leur vie". Une précarisation de l'activité de chauffeurs "ne vient pas de (leurs) tarifs, ni du nombre de chauffeurs", affirme encore Thibaud Simphal, en soulignant que, "selon le rapport Thévenoud, il y a de la place pour 68.000 chauffeurs de VTC en France, contre 22.000 aujourd'hui, dont 15.000 qui travaillent avec Uber".

Protection sociale pour les chauffeurs

Le patron d'Uber en Europe de l'Ouest explique encore que le groupe travaille "depuis deux ans" sur une protection sociale pour les chauffeurs: "nous sommes ouverts aux discussions pourvu qu'elles concernent l'ensemble du secteur. Et que nous obtenions la certitude que les contrats de partenariat qui nous lient aux chauffeurs ne seront pas requalifiés en contrats de travail".

Le groupe veut par ailleurs augmenter le nombre de courses réalisées par les chauffeurs: "notre objectif est d'atteindre un temps en course par véhicule de 20 à 30 minutes par heure, contre 10 à 15 minutes en moyenne pour les taxis. Les cadences sont donc en effet plus élevées. Mais cela signifie aussi que les chauffeurs ne sont pas en course pendant 30 minutes par heure, durant lesquelles ils sont libres de leur temps". Après l'échec mardi des discussions avec Uber, le gouvernement a nommé un médiateur, pour mener une négociation sur la tarification, les charges, la protection sociale et les conditions de déconnexion des plateformes. Refusant de céder sur ses tarifs, Uber a annoncé mardi la création d'un fonds d'aide de deux millions d'euros, s'attirant les foudres des syndicats.

D. L. avec AFP