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Comment Kymco veut vous convaincre d'enfourcher ses scooters électriques

VIDÉO - A l'occasion du Tokyo Motorcycle Show, le fabricant taïwanais Kymco a dévoilé sa stratégie pour faciliter l'adoption en ville des scooters électriques. Elle repose sur Ionex, une architecture composée d'un nouveau deux-roues, de batteries amovibles et d'un réseau de stations de recharge.

C’est à l’occasion du salon de la moto de Tokyo que Kymco a dévoilé sa stratégie pour passer peu à peu des motorisations thermiques à l’électrique. La société taïwanaise a créé la marque Ionex qui regroupe un écosystème composé de deux roues, de batteries amovibles et d’un réseau public de stations de recharge. Le but est de libérer les utilisateurs de l'angoisse d'être à cours d'énergie et d'offrir une autonomie la plus longue possible, soit 200 km.

"Jusque là, en s’équipant d’un scooter électrique, les utilisateurs devaient faire des compromis sur l’autonomie, le temps de recharge et même garer leur véhicule", explique Allen Ko, PDG de Kymco. "Nous voulons éliminer toutes ces contraintes qui freinent le passage à l’électrique et créent le stress de tomber en panne et de devoir attendre des heures pour recharger les batteries". 

Allen Ko, PDG de Kymco, dirige le groupe depuis 2014. Formé à Taiwan et aux États-Unis, il a fait ses armes chez HTC avant de rejoindre le groupe.
Allen Ko, PDG de Kymco, dirige le groupe depuis 2014. Formé à Taiwan et aux États-Unis, il a fait ses armes chez HTC avant de rejoindre le groupe. © BFMBusiness.com

Le scooter présenté offre une autonomie allant jusqu’à 200 km grâce à deux batteries installées sous les pieds du conducteur. Pendant que l’une est utilisée, l’autre se recharge pour prendre le relais lorsque la première sera épuisée. Ces batteries petites et légères (5 kg) se rechargent en quelques heures à domicile grâce à un dock qui se branche sur une prise électrique classique de 220 volts. 

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Mais la stratégie va bien plus loin. L'écosystème Ionex se compose aussi de stations publiques de recharge et d’un réseau de partenaires (concessionnaires ou commerçants de quartier) qui proposeront un service d’échange de batteries. L'idée est de louer une batterie pendant que celle que l'on possède - identifiable par un code et une appli smartphone - se recharge.

Kymco veut créer un réseau de partenaires avec des commerçants qui accueilleront dans leurs boutiques des stations de recharge pour les batteries Ionex
Kymco veut créer un réseau de partenaires avec des commerçants qui accueilleront dans leurs boutiques des stations de recharge pour les batteries Ionex © Kymco

Kymco n’est pas le premier à proposer ce modèle. Gogoro, qui propose des scooters électriques en libre service notamment à Paris et Berlin, a lancé en 2015 une stratégie similaire à Taiwan. Mais Allen Ko voit plus grand. Son ambition est de créer un réseau dans une vingtaine de pays d’ici 2019. Il compte aussi présenter dans les trois prochaines années 10 nouveaux modèles de scooters électriques compatibles avec Ionex.

Aider les villes à passer du thermique à l'électrique

Reste encore à convaincre des municipalités comme Londres, Paris ou Tokyo à installer les stations de recharges sur la voie publique et les commerçants à les accueillir dans leur locaux. En France, ce sera la mission de Jean-Luc L'Hermine, patron de Kymcolux, la filiale qui commercialise la marque également en Belgique et au Luxembourg. "Nous répondons à l’objectif des villes pour passer du thermique à l’électrique d’ici 2030 et à la différence des voitures, notre technologie est souple et elle est prête", estime le dirigeant. Et selon lui, en éliminant les contraintes de la recharge et en offrant une grande autonomie, le deux-roues électrique serait même plus adapté que l’automobile, dans les déplacements urbains et périurbains.

Reste aussi à connaitre le prix des scooters, et le modèle économique de Ionex pour convaincre les opérateurs, les villes et les commerçants d'installer des stations de recharge dans les rues, les parkings et les boutiques. Des points sur lesquels Allen Ko entretient encore le suspens.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco