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 Chez Volkswagen, le nouveau DRH est l'ex-secrétaire général du CE

Le nouveau directeur des ressources humaines du géant allemand, Gunnar Killian, est l'ex-secrétaire général du comité d'entreprise (CE). Une promotion qui révèle autant la cogestion à l'allemande pratiquée chez Volkswagen que l'influence du syndicat IG Metall au sein du groupe.

Imagine t-on en France, un syndicaliste, secrétaire général du CE de Renault ou PSA, en devenir le DRH? C'est ce qui s'est passé en Allemagne à l'occasion des changements survenus à la tête de Volkswagen. Au-delà du changement de président, avec l'arrivée d'Herbert Diess, le conseil de surveillance du géant allemand de l'automobile, a entériné le remplacement du directeur des ressources humaines, Karlheinz Blessing, par l'actuel porte-parole et secrétaire général du comité d'entreprise groupe, Gunnar Kilian.

Âgé de 43 ans, cet ancien journaliste entré en 2000 chez Volkswagen comme chargé de relations publiques, est devenu le nouveau secrétaire général du comité d'entreprise à 38 ans en 2013. Pour occuper ce poste, il fut adoubé par Bernd Osterloh, l'actuel président du comité d'entreprise de Volkswagen, tous les deux étant membres du puissant syndicat IG Metall, incontournable et influent au sein du géant allemand. Auparavant, Gunnar Kilian avait occupé en Autriche à Salzbourg un poste d'influence en travaillant au bureau du président du conseil de surveillance Ferdinand Piëch, petit-fils du fondateur de la marque emblématique allemande.

Le DRH devra négocier avec son ancien chef au CE du groupe

Désormais, le nouveau DRH devra négocier chaque pan de la politique salariale et sociale du groupe automobile avec son ancien "chef" au comité d'entreprise. En France, cette nomination serait interprétée comme une concession de taille aux syndicats, dont la relation avec le nouveau patron du groupe, Herbert Diess a été émaillée de conflits, durant les trois années qu'il a passées à redresser la marque. Herbert Diess "agit de manière profondément antisociale", avait fustigé le puissant patron du comité d'entreprise, Bernd Osterloh, dans une lettre ouverte début 2017.

Mais, la nomination de son bras droit au comité d'entreprise à la tête de la DRH de Volkswagen change la donne en renforçant de fait l'influence, déjà grande, d'IG Metall chez Volkswagen. Bernd Osterloh, président du comité d'entreprise, a d'ailleurs changé son fusil d'épaule, saluant la nomination de celui qu'il dénonçait un an auparavant: "nous sommes persuadés qu'avec Diess nous avons la personne qui convient aux commandes", écrit-il dans une lettre au personnel publiée ce vendredi 13 avril. Miracle de la cogestion à l'allemande ?

Frédéric Bergé