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Transports

Cet été, 38% des Français qui ont pris l'avion ont subi un retard ou une annulation

C'est 10 points de plus qu'en 2019, année où le nombre de passagers au départ était plus important selon une étude.

Perturbations pour les uns, chaos pour les autres: l'été a été agité dans le ciel européen. La reprise forte du trafic combinée aux pénuries de personnels dans les aéroports et aux grèves ont provoqué d'importants dysfonctionnements se traduisant par des engorgements de voyageurs, des vols retardés ou annulés, des milliers de bagages perdus et donc la colère des passagers.

Selon une étude* de AirHelp (une plateforme pour les droits des passagers aériens), les voyageurs français ont été particulièrement impactés par ces problèmes. De mai à août dernier, 20 millions de Français ont pris l'avion et 38% d'entre eux ont dû faire face à des retards ou à des annulations.

C'est 10 points de plus qu'en 2019, alors que le nombre de passagers au départ était bien plus important (28 millions). C'est également 3 points de plus que la moyenne européenne.

Presque un passager sur deux à Roissy touché par un retard ou une annulation

Premier aéroport européen en nombre de passagers cet été (8,3 millions), Paris-Charles de Gaulle n'a évidemment pas échappé à ces dysfonctionnements. Un manque de personnels essentiellement dans le domaine de la sécurité a provoqué des retards ou des annulations pour 45% des vacanciers. Presque un sur deux donc...

A titre de comparaison, les passagers de l'aéroport anglais d'Heathrow, qui a vu passer quasiment le même nombre de passagers (8,2 millions), n'étaient que 40% à subir des désagréments d'horaires.

Plus loin derrière, Nice, 29ème aéroport européen le plus fréquenté cet été, a accueilli un peu moins de 2 millions de voyageurs mais 46% d'entre eux ont vu leurs vols perturbés.

Toulouse Blagnac, 49ème dans le classement, a enregistré 1 million de voyageurs avec 31% de perturbations.

Indemnisations

Conséquence, 665.000 voyageurs seraient éligibles à une indemnisation pouvant aller jusqu'à 600 euros au titre du règlement EC26 (annulation ou retard de plus de 3 heures du fait de la compagnie aérienne) rappelle AirHelp, contre seulement 121.000 sur la même période en 2019.

Selon l'organisme européen Eurocontrol, les retards au départ des aéropots du Vieux continent ont été en hausse de 5,4% pendant la dernière semaine d'août par rapport à la même période de 2019.

En moyenne, 38,7% des vols accusaient au moins 15 minutes de retard au départ et 31,4% plus de 15 minutes à l'arrivée.

En réalité, les départs à l'heure varient de 34 à 83% selon les aéroports audités. Les plus ponctuels se trouvent au nord de l'Europe: Oslo (83%), Helsinki (83%) et Stockholm (78%). Les retards les plus nombreux ont été observés à Lisbonne (42% des vols à l'heure), Londres-Gatwick (42%) et Tel-Aviv (34%).

Les aéroports parisiens affichent de leur côté une ponctualité de 70% à Orly et de 60% à Roissy.

*: AirHelp combine des données provenant des opérations des compagnies aériennes aux aéroports pour alimenter les FIDS (écrans d'information de vol), des Transpondeurs ADS-B (balises transmettant des aéronefs au sol), des terminaux radar des aéroports (appelés données ASDE - Airport Surface Detection Equipment), des Messages MVT au format IATA transmis par l'avion sur les réseaux des compagnies aériennes et des aéroports, des flux ACARS transmis aux aéroports et aux autres partenaires de l'industrie du voyage via les réseaux SITA et ARINC, des systèmes de contrôle du trafic aérien comme EuroControl et FAA/DOT.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business