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Ces start-up développent les minibus autonomes made in France

De janvier à mars 2016, la Communauté d’Agglomération de Sophia Antipolis teste 3 minibus électriques autonomes pouvant transporter une dizaine de personnes sur une voie spécialement aménagée.

De janvier à mars 2016, la Communauté d’Agglomération de Sophia Antipolis teste 3 minibus électriques autonomes pouvant transporter une dizaine de personnes sur une voie spécialement aménagée. - Easymile

Pendant que la start-up lyonnaise Navya lève 4,1 millions d'euros, son homologue toulousaine Easymile fait tester ses minibus "autonomes" sur la voirie à Sophia-Antipolis.

Si la voiture autonome voit s'affronter Google et les grands constructeurs automobiles, de petites sociétés françaises ont investi discrètement le créneau. La start-up Navya comme son homologue Easymile, ont développé des minibus 100% électriques, sans chauffeur. Ces navettes transportent une dizaine de personnes à petite vitesse (de 15 à 25 kilomètres/heure) sur de petits trajets.

Destinés aux collectivités engagées dans des politiques publiques de développement durable, ces véhicules électriques de transport public visent à se substituer à l’automobile en ville en venant compléter l'offre existante de transports en commun. Ils visent aussi à gérer les déplacements sur des voiries privées (campus, parc de loisirs, aéroports).

Depuis le début du mois de janvier et jusqu'à mars 2016, la communauté d’agglomération de Sophia Antipolis teste trois de ces véhicules électriques autonomes mis à sa disposition par Easymile. Ces minibus publics embarquent, du lundi au vendredi durant la journée, une dizaine de passagers sur une avenue spécialement aménagée d'environ 1 kilomètre, le tout sur un parcours jalonné de 5 arrêts.

Les véhicules embarquent un technicien à bord au cas où...

Bardés de capteurs de mouvement et d'un logiciel de pilotage qui rend le véhicule potentiellement 100% "autonome", ces minibus circulent toutefois systématiquement sous le contrôle d'un opérateur humain. À bord, ce technicien en supervise le bon fonctionnement. Mais il ne conduit pas à proprement parler le véhicule, qui est dépourvu de volant et de pédales. L'expérimentation en cours vise à tester ces véhicules sur de courtes distances en vue de liaisons prolongeant un terminus de tram ou de bus par exemple.

Ce test entre également dans le cadre du projet européen CityMobil2, qui en financerait la moitié de son coût, évalué à 400.000 euros, selon Le Parisien. Le minibus testé fait partie de ceux développés par Easymile, co-entreprise issue de Robosoft Technology et Ligier, lequel les produit dans son usine auvergnate.

De son côté, la start-up lyonnaise Navya, créée en 2014, vient de réaliser une levée de fonds de 4,1 millions d’euros. Cette augmentation de capital a pour principal objectif de structurer son développement, notamment à l’international sur le marché des navettes de transport autonomes.

Navya a vendu deux de ses navettes en Suisse

De nouveaux partenaires sont entrés à son capital dont CapDecisif Management avec le Fonds FRCI (Fonds Régional de Co-investissement de la Région Ile de France), la holding d’investissement Gravitation, fondée par Charles Beigbeder. S'y ajoutent un groupement de "business angels" ainsi que les salariés de l’entreprise.

Après avoir présenté son minibus électrique autonome à l'automne 2015, la société française a réussi à convaincre la société de transport public Car Postal Suisse, première à acquérir deux modèles Navya Arma, livrés fin 2015. Ils seront testés pendant deux ans dans la ville de Sion.

Une première phase de test sans voyageurs a débuté et s'étendra jusqu'au printemps 2016 environ, sur un site privé et fermé. Si les autorités compétentes autorisent l’essai pilote, les navettes autonomes pourront circuler dans l’espace public et transporter des personnes au cours d’une seconde phase.

F.Bergé