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Ces destinations où le prix des billets d'avion a chuté de plus de 20% en seulement un an

VIDEO - Avec un prix moyen de 2,4 centimes au kilomètre, les vols pour Singapour sont devenus les moins chers au monde au départ de Paris. Mais par rapport à 2017, les tarifs ont encore plus chuté vers la Martinique, la Guadeloupe, Miami et San Francisco.

Le voyage en avion n'a jamais été aussi abordable. Si la plupart des gens en sont peut-être conscients, ils ne savent peut-être pas dans quelle proportion. C'est pour cette raison que nous avons demandé au comparateur de prix Kayak de nous fournir un top 15 des destinations long-courrier les plus abordables pour un voyage sans escale prévu en octobre 2018. 

Ce sont les destinations vers les Antilles françaises qui sont les moins chères. Vous paierez 360 euros en moyenne pour un vol vers Fort-de-France ou Pointe-à-Pitre. Des tarifs en baisse de 26 et 27% sur un an. En octobre 2017, les mêmes vols frôlaient les 500 euros aller-retour. 

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Si les vols vers la Martinique ou la Guadeloupe sont les plus abordables, on trouve encore moins cher lorsqu'on calcule le prix moyen au kilomètre. Et c'est Singapour, la cité-Etat où se déroule le sommet Trump-Kim Jong Un, qui est devenue cette année la destination aérienne la moins chère au départ de Paris, rapporté au kilomètre. Un vol Paris-Singapour (10.700 kilomètres) pour octobre de cette année coûte en moyenne 2,4 centimes du kilomètre! A titre de comparaison, voyager en voiture revient dix fois plus cher. Un Paris-Nice dans une Mégane ou une 308 revient par exemple à 360 euros (péage + essence). Même si vous voyagez à cinq, il vous en coûtera (hors usure de la voiture) 4 centimes/km. Et pour le train, c'est encore pire. Ainsi, les tarifs d'un Paris-Londres en Eurostar. vont de 88 à 368 euros en 2ème classe soit 10 à 41 centimes/km.

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Et sur de nombreuses destinations phares outre-Atlantique (New York, Miami...) ou même asiatiques (Singapour), les tarifs sont en chute libre depuis quelques années. Un vol direct Paris-Singapour coûtait par exemple 709 euros en moyenne en octobre 2016, 651 euros en 2017 et 525 euros en 2018. Sachant qu'on peut même trouver moins cher pour Singapour puisque le billet le plus abordable (394 euros avec correspondance à Zurich) est proposé par Swiss, une compagnie qui n'a rien d'une low-cost. 

Comment expliquer une telle chute des prix? "Plusieurs facteurs peuvent intervenir dans la baisse des prix de billets d’avions vers une destination, comme par exemple l’arrivée de nouveaux concurrents sur le marché ou la baisse de la demande, explique John-Lee Saez, directeur général Europe de Kayak. Par ailleurs, de nombreuses offres promotionnelles sont régulièrement proposées par les compagnies aériennes ou les agences de voyages. La saisonnalité peut également jouer un rôle dans ces variations de prix." 

4,1 milliards de passagers en 2017

Et cette concurrence s'est fortement accrue ces dernières années. Pour aller de Paris à Singapour, vous pouvez acheter le billet auprès de quarante compagnies différentes. D'ailleurs l'aéroport Changi de la cité asiatique a battu son record de fréquentation en 2017 avec 62,2 millions de voyageurs sur l'année. 

D’une façon générale, cette concurrence renforcée par l’arrivée des low cost long courrier a fait chuter les prix par rapport à l’année dernière. Y compris pour les vols directs qui sont généralement plus chers que les vols avec correspondance. Dans la crainte de voir ces compagnies à bas coût débarquer sur les destinations long-courrier, les grandes compagnies historiques se livrent une guerre des prix en pariant sur les volumes. En 2017, 4,1 milliards de passagers ont pris l'avion, soit 7,1% de plus qu'en 2016.

La démocratisation du transport aérien qui a débuté dans les années 1970 aux Etats-Unis avant d'arriver en Europe quelques années plus tard atteint ainsi un niveau sans précédent. Pour mémoire, tout a commencé par une dérégulation du trafic par les Etats. Il faut savoir que jusqu'en 1974, il était illégal de pour une compagnie aérienne américaine de proposer un New York-Los Angeles à moins de 1.442 dollars. Or aujourd'hui, le même billet ne coûte pas plus de 280 dollars. 

"Le vol n'est pas une nécessité vitale comme les frais de scolarité, le lait ou les médicaments, ni même l'alcool ou la drogue, explique à The Atlantic John Heimlich chef économiste chez Airlines for America. Lorsque vous avez une concurrence intense pour un produit sensible au prix, vous avez des prix en baisse."

Ces nouveaux avions qui vont renforcer la concurrence

Une concurrence qui s'est encore exacerbée depuis quelques années avec internet et les comparateurs de prix en ligne qui permettent de aux particuliers de comparer plus facilement les tarifs.

Et si les prix pourraient à court terme remonter légèrement du fait de la remontée des prix du pétrole, la tendance baissière pourrait repartir de plus belle avec l'arrivée de nouveaux avions comme l'Airbus A321Neo Long Range, un petit porteur capable d'effectuer des vols sur une longue distance. 

Comment ce nouveau type d'avion pourrait permettre de proposer des prix encore plus bas? Tout simplement en proposant des vols direct de point à point sans passer par les traditionnels hubs tenus par les grandes compagnies aériennes. C'est ce qu'expliquait Joaquin Toro-Pietro, le responsable des études marketing chez Airbus à l'occasion d'un vol entre Toulouse et les Seychelles.

"L‘A321 LR va permettre de desservir des nouvelles destinations pour un moyen-courrier, d’ouvrir des marchés qui n’existaient pas jusque-là. On connaît le Paris-New York, mais on ne conçoit pas le Bordeaux-Baltimore. Un moyen-courrier peut ouvrir des routes secondaires qui ne seraient pas exploitables avec un long-courrier. Cela intéresse autant les compagnies low-cost que les compagnies traditionnelles."

Une concurrence qui risque donc de se renforcer avec l'arrivée massive des compagnies low-cost sur les destinations long-courrier "point à point". Ce qui va accroître la pression sur les compagnies historiques comme Air France qui avaient jusqu'à il y a peu le monopole de la longue distance. A l'avenir, la compagnie française n'aura d'autres choix que s'aligner sous peine de ne plus remplir ses avions.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco