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Carlos Ghosn: "les entités Renault et Nissan deviennent indissociables"

Le PDG de l'alliance Renault-Nissan, Carlos Ghosn.

Le PDG de l'alliance Renault-Nissan, Carlos Ghosn. - -

Le PDG de l'alliance Nissan-Renault se réjouit du rapprochement des deux groupes, qui vont tenter d'accélérer leurs synergies pour dégager 4,3 milliards d'euros par an d'ici à 2016. Dans une interview aux Echos du 31 janvier, il détaille les bénéfices de ce virage.

Renault et Nissan appuient sur l'accélérateur. L'alliance des deux constructeurs, dirigée par Carlos Ghosn, a ainsi indiqué, dans un communiqué publié jeudi 30 janvier, qu'elle revoit à la hausse ses objectifs de synergies à l'horizon 2016, tablant désormais sur des économies annuelles de 4,3 milliards d'euros, contre 4 milliards prévus jusqu'ici.

"C’est une étape de plus dans le rapprochement opérationnel de l’alliance, qui se fait sans porter atteinte à l’autonomie de chaque marque", commente Carlos Ghosn, dans une interview aux Echos daté du 31 janvier.

"Notre objectif est bien de mettre en place quatre directions communes, avec des équipes et budgets propres. Ainsi, dans l’ingénierie, au lieu d’avoir comme actuellement un patron des moteurs et transmissions chez Renault et un autre chez Nissan, l’idée est d’avoir un patron unique qui sera chargé de gérer la majorité des métiers de l’ingénierie des deux marques", détaille-t-il.

4,3 milliards d'euros de synergies, "un minimum"

Ces quatre directions correspondront aux quatre fonctions sur lesquelles Nissan et Renault veulent renforcer leur coopération: l'ingénierie donc, mais également les achats, la fabrication et logistique, ainsi que les ressources humaines.

Ce virage est jugé nécessaire par Carlos Ghosn. "Sur l’année 2013, nous estimons délivrer 2,8 milliards d’euros de synergie. Et si l’on continue à suivre notre rythme actuel, nous atteindrions 3 à 3,2 milliards d’euros d’économies en 2016" contre 4,3 milliards, avec les changements opérés. Ce dernier chiffre est considéré comme "un minimum" par Carlos Ghosn car "les potentialités sont bien plus importantes".

Il a également déclaré "qu'avec la multiplication actuelle des synergies", "les entités Renault et Nissan deviennent indissociables".

"Renault va grossir"

Interrogé sur les déséquilibres entre Renault et Nissan, Carlos Ghosn répond que "la vérité, c’est que l’alliance est saine, et qu’il n’y a jamais eu aucune velléité de séparation entre les deux constructeurs". "Le fait que Nissan soit plus gros que Renault, c’est déjà le cas depuis un certain temps. Mais je note qu’avec l’implantation en Chine, Renault va grossir", assure-t-il.

Carlos Ghosn évoque ensuites sa succession affirmant qu' "à moyen terme, nous serons amenés à envisager une gouvernance qui soit moins dépendante des hommes, afin d’enlever cette idée qui veuille que l’alliance ne me survivra pas".

Dans un entretien à Automotive News du 10 janvier dernier, Carlos Ghosn avait déjà indiqué qu'il préfèrerait que l'alliance Renault–Nissan soit gérée par deux personnes distinctes, une pour Renault, et une autre pour Nissan. Pour ce dernier constructeur, il préconisait la nomination d'un dirigeant japonais.

J.M.