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Autoroutes: une hausse "inadmissible" pour Royal

Ségolène Royal trouve "inadmissible" l'éventuelle augmentation des péages le 1er février prochain.

Ségolène Royal trouve "inadmissible" l'éventuelle augmentation des péages le 1er février prochain. - BFMTV

La direction générale des infrastructures, qui recalcule chaque année l'évolution du prix des péages, s'apprêterait à proposer une hausse de 0,57% des tarifs à appliquer à partir du 1er février 2015. Mais Ségolène Royal y est fermement opposée, dénonçant une "provocation".

Les prix des péages pourraient augmenter de 0,57% le 1er février 2015. C'est en tout cas la proposition que s'apprête à faire la direction générale des infrastructures, sur la base d'un calcul bien précis, a-t-on appris jeudi 27 novembre.

Le taux d'augmentation est en effet indexé sur l’inflation d'une part, et sur le montant des travaux effectués dans l’année. Au mois d'octobre, la hausse des prix prise en compte dans le calcul de cette hausse, est de 0,38%.

Chaque société autoroutière transmet à l'Etat sa proposition de hausse, et des négociations peuvent avoir lieu jusqu'à la fin du mois de janvier pour établir le taux réel de hausse.

"Inadmissible" pour Ségolène Royal

Mais, au micro de BFMTV, Ségolène Royal ne s'est pas montrée favorable à cette augmentation. "C’est inadmissible, on ne leur donnera pas cette autorisation, parce que le rapport de la Cour des comptes a mis exergue le fait que les autoroutes ont déjà trop augmenté leurs tarifs par rapport aux droits qui étaient les leurs, et que les concessions arrivent à échéance", a ainsi déclaré la ministre de l'Ecologie.

"Je vais rencontrer les dirigeants des sociétés d’autoroutes avec le ministre de l’Economie, nous allons mettre en place des règles du jeu", a-t-elle prévenu. "Je pense que c’est une provocation. Cette provocation, évidemment, n’a pas lieu d’être et c’est une façon pour elles de d’engager un rapport de force mais l’Etat, au nom des Français, va prendre ses responsabilités et va leur rappeler leurs droits et leurs devoirs", a-t-elle conclu.

Des hausses en 2014, 2013 et 2012

Cette annonce, dont la date a été fixée au moment de la privatisation des autoroutes, en 2006, tombe à un moment délicat pour les concessionnaires d'autoroutes.

Ils font déjà l'objet d'une pluie de critiques depuis septembre et la sortie d'un rapport de l'Autorité de la concurrence qui dénonçait les "rentes" de Vinci, Eiffage et les autres. Elle évaluait leur taux de marge entre 20 et 24%. 

"Cette rentabilité n'apparaît justifiée ni par leurs coûts ni par les risques auxquels elles sont exposées", pouvait-on lire dans ce document.

En cause: le prix des péages a augmenté plus vite que l'inflation depuis la privatisation en 2006. En 2014, la hausse avait en effet été de 1,14% en moyenne sur les 9.000 km de réseau autoroutier. Elle s’ajoutait au 1,97% appliqué en 2013 et aux 2,49% de l’année précédente.

Un versement de dividendes immoral, à défaut d'être illégal

Les sociétés d'autoroutes ont obtenu la gestion de ces infrastructures en 2006, via des contrats fixés sur des périodes très longues: le premier d'entre eux arrive à échéance en 2027, le dernier en 2070. Ces contrats sont difficilement renégociables, et empêchent l'Etat de faire pression sur les concessionnaires pour qu'ils baissent leur prix. Pourtant, ses représentants multiplient les critiques.

La ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, avait appelé en octobre à une baisse de 10% de leurs tarifs et la gratuité le week-end, avant d'être recadrée par le Premier ministre, Manuel Valls. Christian Eckert, le secrétaire d'Etat au Budget, avait pour sa part dénoncé les dividendes versées par les sociétés autoroutières à leurs actionnaires, pour un montant supérieur à leurs bénéfices. Il avait dénoncé une politique "inacceptable, en tout cas immorale, à défaut d'être illégale". 

N.G. et Y.D. avec AFP