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Augmentation des dirigeants d'Air France: la pilule ne passe pas

Pour des salariés à la diète depuis 2012, l'augmentation de 14 membres de la direction passe mal.

Pour des salariés à la diète depuis 2012, l'augmentation de 14 membres de la direction passe mal. - Kenzo Tribouillard - AFP

Les salariés d'Air France sont appelés à la grève mardi prochain. Les syndicats entendent ainsi mettre la pression sur les 14 membres du top management qui ont bénéficié d'une augmentation alors que tous les salaires sont gelés depuis 5 ans.

L'augmentation des rémunérations dont jouissent les dirigeants d'Air France passe toujours mal, malgré leurs tentatives d'en amoindrir l'importance. La polémique intervient à quelques jours de l'ouverture de la négociation annuelle des salaires, prévue mardi prochain. Plusieurs syndicats ont lancé un appel à la grève pour le mardi 7 mars.

Tout a commencé lors du comité central d'entreprise du 23 février. La CGT consulte les comptes annuels d'Air France et découvre, à cette occasion, que les 14 membres du comité exécutif de la compagnie se sont partagé une enveloppe de 5 millions d'euros pour augmenter leurs salaires en 2016. Soit une hausse moyenne de... 67 %.

Des efforts demandés aux salariés depuis 5 ans

La direction plaide la bonne foi, évoque une erreur comptable. La hausse ne serait "que" de 41%. Le taux fond encore quelques jours plus tard: après de nouveaux calculs, elle martèle que les salaires des dirigeants n'ont augmenté que de 17,6 %.

Mais peu importe le niveau réel de cette augmentation, pour la base, ça ne passe pas. Les salariés estiment que depuis 5 ans, ils ont accepté toutes sortes de concessions: gel de salaires, congés amputés, horaires élargies... Les plans de départs volontaires se sont succédé. Il leur praît donc injuste que le fruit de leurs efforts à eux ne profitent qu'à 14 personnes.

Les syndicats réclament un partage équitable du résultat net. Et ils comptent bien prendre l'argument des augmentations que se sont octroyées les dirigeants pour obtenir une hausse générale des salaires cette année. La première depuis 2012.

Mathieu Sevin, édité par N.G.